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Alessandro Mantovani | L’Humanité du 14.09.2007

La révolte des métallos transalpins

vendredi 14 septembre 2007 par Alessandro Mantovani
Italie . La fédération de la métallurgie de la CGIL rompt les accords sur les retraites passés entre le gouvernement de centre gauche et tous les syndicats.

L’ambiance n’est pas la même qu’en 1998 lorsque Refondation communiste (PRC) fit tomber le premier exécutif emmené par l’actuel président du Conseil. Plus question, cette fois, de rupture dans le centre gauche, comme vient de le confirmer Franco Giordano, secrétaire du PRC. Cependant les tensions sont perceptibles. La FIOM, le syndicat des métallos de la CGIL, vient en effet de décider de ne pas ratifier l’accord sur le marché du travail et l’élévation de l’âge du départ à la retraite, signé par les confédérations syndicales et donc par… la CGIL.

La presse liée au patronat et les forces dites en cours d’agglomération au sein du nouveau Parti démocrate (Démocrates de gauche et centristes de la Marguerite) multiplient les rappels à l’ordre. La gauche dite « radicale » se divise entre d’un côté le PRC et le PDCI (communistes italiens) « à l’écoute des travailleurs » et de l’autre les Verts avec la Gauche démocrate (SD, les anciens démocrates de gauche ayant refusé d’adhérer au Parti démocrate).

L’accord contesté prévoit, à partir de 2008, le passage à la retraite à cinquante-huit ans pour les salariés ayant trente-cinq ans de cotisations. En matière de flexibilité de l’emploi il avance des garde-fous dérisoires pour limiter le recours, désormais très large, au travail précaire, à temps partiel, à durée déterminée. Ces mesures n’ont pas trouvé le soutien de la FIOM (360 000 adhérents, 6,5 % de la CGIL) qui, pour la première fois dans son histoire ultracentenaire, dénonce un texte pourtant négocié avec les autres organisations, CISL et UIL mais aussi sa propre confédération, beaucoup liée aux DS.

Ce « couac » constitue une sorte d’irruption du social et du monde du travail sur les équilibres de la politique. Laquelle apparaît de plus en plus dangereusement discréditée. Parmi les essais les plus vendus aujourd’hui en Italie on trouve la Casta, oeuvre de deux journalistes du Corriere della Sera qui dénoncent les privilèges des élus. Des dizaines de milliers de personnes participent au show de l’acteur comique Beppe Grillo, champion de l’« antipolitique » et de la lutte contre la corruption et la précarité du travail, et ils sont 300 000 à avoir signé la pétition pour l’inéligibilité des parlementaires condamnés par la justice.

La démarche de la FIOM de Gianni Rinaldini, tout comme sa campagne contre l’accroissement de la précarité ces dernières années, est par ailleurs très cohérente avec la ligne de Claudio Sabattini, l’ex-secrétaire des métallos décédé en 2002, qui, de façon totalement autonome de sa confédération, avait appelé à la mobilisation à Gênes en 2001 avec le mouvement anti-G8. On assiste ainsi à un retour au conflit social qui pourrait, à terme, mettre en cause la politique « concertée », pratiquée par les confédérations à partir des années quatre-vingt-dix avec comme objectif de soutenir la politique de réduction du déficit préalable à l’adhésion à l’euro.

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