Liste des auteurs

Un article de Georges Quioc paru dans Le Figaro du 22 juin 2005

La semaine de 40 heures s’étend en Allemagne

mercredi 22 juin 2005 par Georges Quioc
Union Eurpéenne Le BTP accepte les mesures sans compensation salariale

Augmentation du temps de travail et baisse du salaire minimum : l’accord signé hier entre le patronat allemand du bâtiment et le syndicat IG Baus n’a surpris personne en Allemagne. Pourtant, la pilule est amère pour les 800 000 salariés du secteur qui vont devoir travailler 40 heures à partir du 1er janvier prochain, contre 39 actuellement, sans compensation salariale. Plus sévère encore : les catégories de personnel les moins payées qui émargent aux minima du secteur verront leur rémunération carrément réduite. Et, pour faire bonne mesure, un système de rémunération au mérite va être introduit, qui permettra à l’employeur de diminuer la rémunération d’un salaire si son travail est jugé insuffisant.

L’acceptation de telles conditions s’explique par l’aggravation de la situation du secteur qui devrait encore perdre 34 000 emplois cette année. Ce qui rend très attractive la garantie du patronat allemand de maintenir l’emploi en échange des sacrifices consentis par les salariés.

De tels accords se sont multipliés depuis que le géant de la construction électrique Siemens a obtenu il y a un an le passage sans compensation salariale de 35 à 40 heures dans deux sites contre l’abandon d’un projet de délocalisation vers la Hongrie. Les constructeurs automobiles se sont aussitôt engouffrés dans la brèche. DaimlerChrysler a imposé un vaste plan d’économies à sa filiale Mercedes, Opel a demandé l’ouverture de négociations pour le retour à la semaine de travail de 40 heures contre 35 heures sans compensation salariale. Et Volkswagen a réussi à négocier un gel des salaires en échange de garanties d’emplois à long terme. En avril dernier, un millier de salariés d’Audi ont accepté de voir leur temps de travail hebdomadaire augmenter de 35 heures à 37 heures par étapes d’ici à 2006 tandis que l’ensemble des 45 000 salariés ont accepté une diminution de leur salaire en échange d’une garantie contre les licenciements secs jusqu’en 2011.

Cette tendance a rapidement gagné d’autres secteurs, comme le tourisme avec Thomas Cook qui va réintroduire la semaine de 40 heures, ou la distribution avec Karstadt, qui demande à aller jusqu’à 42 heures. Sans oublier le fabricant de matériel de chauffage Viessmann, le géant agroalimentaire suisse Nestlé, ou les équipementiers automobiles Continental et Bosch, qui tous réclament plus de flexibilité.

Même le secteur public et l’administration sont gagnés par la contagion. Une entreprise publique telle que la Deutsche Bahn souhaitent augmenter la durée du travail, ainsi que le gouvernement fédéral et les gouvernements locaux qui souhaitent faire travailler plus les fonctionnaires. La dégradation du marché de l’emploi place évidemment les employeurs en position de force pour négocier de tels aménagements du temps de travail. D’autant que, selon l’OCDE, l’Allemagne est un des pays membres où l’on travaille le moins : 1 446 heures travaillées par an en 2003, contre 1 800 en Espagne, 1 814 en Autriche ou encore 1 713 en Finlande.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !