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Article de Jacqueline Sellem paru dans L’Humanité du 25 octobre 2006

La solidarité s’oppose au dumping social

mercredi 25 octobre 2006 par Jacqueline Sellem
Justice . À la suite de l’action conjointe des syndicats CGT d’EDF et d’Alstom et du syndicat Solidarnosc, le tribunal de Versaille examinait « l’affaire des salariés polonais de Porcheville ».

La cour d’appel de Versailles avait à examiner hier la plainte conjointe des syndicats CGT d’EDF et d’Alstom, du syndicat Solidarnosc de Varsovie et de Zbigniev Saganski, ancien salarié de Zrew, une entreprise sous-traitante d’Alstom pour la centrale EDF de Porcheville (Yvelines). Ils réclament pour Zbigniev Saganski, revenu de Pologne pour assister à l’audience, à la fois le paiement de ses salaires sur la base de la convention collective de la métallurgie et celui d’un reliquat d’heures supplémentaires. Et pour les syndicats 10 000 euros de dommages et intérêts pour travail dissimulé.

350 euros par mois

Le jugement qui sera rendu le 28 novembre sera examiné attentivement, du côté des syndicats comme du côté des employeurs. « Il pourrait devenir un point de repère concernant les droits des salariés », souligne Maurice Marion, porte-parole de la fédération CGT de l’Énergie. Et, au delà, cette action solidaire d’organisations syndicales de différents pays européens est une première que les syndicalistes entendent bien rééditer dans le cadre de la confédération européenne des syndicats (CES). Car, explique Michel Lebouc, responsable de la CGT d’EDF au niveau de la région parisienne, « les patrons profitent du fait que les salariés ne connaissent pas leurs droits pour faire du dumping social ».

L’affaire des salariés polonais de Porcheville a éclaté au grand jour le 1er février dernier lorsque la CGT a rendu public le contrat de travail de 40 d’entre eux, en même temps que des photographies témoignant de leurs conditions d’hébergement. Sur les feuilles de paie : 350 euros par mois, auxquels s’ajoutaient 400 euros de frais de déplacement et d’hébergement sur lesquels l’employeur ne payait donc aucune cotisation sociale. Pour le salaire comme pour les heures supplémentaires, on était ainsi bien loin de la convention collective de la métallurgie. Quant à l’hébergement à 40 kilomètres de leur lieu de travail : des matelas sans aucun meuble. « Des conditions indignes », souligne Michel Lebouc en rappelant que l’intervention de la CGT avait immédiatement permis d’améliorer un tant soit peu leur environnement en obtenant des meubles et un poste de télévision.

pressions énormes

Militant de Solidarnosc, Zbigniev Saganski était aussi le seul à parler français. C’est lui qui a pu prendre contact avec la CGT. C’est avec lui que l’action en justice s’est engagée. Car les salariés polonais de Porcheville subissaient d’énormes pressions. Marie-George Buffet qui était hier au tribunal de Versailles pour apporter son soutien aux syndicalistes et particulièrement à Zbigniev Saganski se rappelait avec émotion le jour de février où, venue devant la centrale de Porcheville pour dénoncer l’application, avant même qu’elle soit discutée au parlement européen, de la directive Bolkestein, elle avait vu les salariés polonais se rapprocher peu à peu et finalement participer au rassemblement avec les salariés français. « La CGT sera très attentive à ce que sur tous les chantiers, et ils sont nombreux dans les centrales d’EDF, où sont employés des salariés de la communauté européenne leurs droits soient reconnus », avertit Michel Lebouc.

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