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Un article de Hervé Morin paru dansLe Monde du 3 septembre 2005

Lancement du débat public sur les déchets nucléaires

samedi 3 septembre 2005 par Hervé Morin

Présenter les enjeux scientifiques, techniques, sociaux et économiques de la gestion des déchets nucléaires sans les déconnecter des questions de politique énergétique. Et recueillir tous les arguments, souvent contradictoires. Tel est l’objectif de Georges Mercadal, qui préside la commission particulière du débat public (CPDP) "sur les options générales en matière de gestion des déchets radioactifs de haute activité et de moyenne activité à vielongue" (debatpublic-dechets-radioactifs.org).

Cette autorité administrative indépendante a annoncé, jeudi 1er septembre, qu’elle entamerait le 12, à Bar-le-Duc (Meuse), une série d’auditions et de réunions d’information consacrées à la gestion des déchets radioactifs. La procédure est inédite en France, qui dispose depuis 2002 d’une Commission nationale du débat public (CNDP), chargée d’animer la démocratie de proximité. Le gouvernement, qui prépare pour le deuxième trimestre 2006 une nouvelle loi sur la gestion des déchets radioactifs comme le prévoyait la loi dite Bataille de 1991, a saisi la CNDP à ce propos.

La loi Bataille avait fixé un délai de quinze ans au cours desquels devaient être explorés trois axes de recherche sur les déchets les plus toxiques et les plus durables : la séparation-transmutation, pilotée par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), visant à réduire le volume et la nocivité des déchets ; leur stockage en couches géologiques profondes, avec la création par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) de laboratoires souterrains ; leur entreposage, pour plusieurs siècles, en surface ou sous la surface, confié également au CEA.

"Ce débat se situe à un moment stratégique , se félicite M. Mercadal : juste après que les experts ont rendu leurs conclusions sur l’avancement des travaux de recherche, juste avant les débats parlementaires, et à l’orée de dix ans de "prédéveloppement" des solutions retenues."

Le choix de Bar-le-Duc, pour ouvrir ce débat public, est tout sauf fortuit. C’est tout près de là, à Bure (Meuse), qu’est actuellement construit par l’Andra le laboratoire d’étude du stockage en profondeur des déchets radioactifs. L’implantation suscite l’opposition d’une partie de la population, qui redoute que le laboratoire ne se transforme ensuite en site de stockage. Tandis que d’autres y voient une chance de développement économique.

Au terme de quinze réunions publiques, durant quatre mois, la CPDP remettra au gouvernement, fin janvier 2006, un compte rendu des débats. Ceux-ci s’annoncent difficiles. Le réseau Sortir du nucléaire, s’il a contribué au dossier d’information diffusé par la CPDP, a déjà indiqué qu’il réservait sa participation. A son sens, la décision entérinée cet été par le Parlement de construire un nouveau réacteur, l’EPR, rend l’exercice caduc, tout comme l’annonce par le gouvernement de la reconduction pour dix ans des trois axes de recherche sur les déchets.

Enfin, selon Sortir du nucléaire, lors des débats, "la part du lion est réservée aux entreprises du nucléaire, aux agences de l’Etat, et même à des associations pronucléaires" . Le réseau appelle donc à une manifestation nationale, le 24 septembre àBar-le-Duc, avec pour slogan : "Le débat est dans la rue !"

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