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Un article de Muriel GREMILLET paru dans Libération le 10 mars 2006

Larcher au chevet de l’inspection du travail

vendredi 10 mars 2006 par Muriel Gremillet

Un effort jamais vu. Le ministre du Travail, Gérard Larcher, n’y va pas par quatre chemins pour qualifier son plan de développement et de modernisation de l’inspection du travail. Préparée depuis de longs mois comme une réponse au malaise croissant d’un corps de fonctionnaires qui se sentaient abandonnés, cette réforme prévoit la création de « 700 postes supplémentaires d’inspecteurs et de contrôleurs du travail en cinq ans ». Gérard Larcher s’est félicité hier, lors de la présentation de ce plan, d’une augmentation de l’effectif de 50 %, « du jamais vu ».

Mais les questions d’effectif sont presque anecdotiques chez les fonctionnaires toujours traumatisés par la mort de deux inspecteurs du travail, en septembre 2004, tués par un agriculteur en Dordogne alors qu’ils venaient contrôler des salariés saisonniers. L’indignation et le malaise ne sont pas, depuis, retombés, alors que les conditions de travail des salariés ne se sont pas améliorées. Entre 2003 et 2005, les accidents graves du travail ont crû de 15 %, alors que seulement 2 % des observations faites par les inspecteurs du travail ont donné lieu à une sanction, contre 50 % au moins dans les autres pays d’Europe. Sur ce point, le ministre de l’Emploi a réaffirmé la volonté de l’Etat de renforcer les sanctions, de soutenir davantage les agents en cas d’incivilités. « Il est fondamental que l’inspection du travail retrouve sa place et son importance dans un monde qui a évolué », a déclaré le ministre, qui a réaffirmé la nécessité d’avoir un « ordre social fort » en France. Pour cela, le ministre prévoit la création d’un « service central » garant du bon fonctionnement de l’inspection du travail dès le mois de juin. Service qui fait grincer les dents des syndicats. Ainsi, dès hier, la CGT s’est inquiétée d’une future organisation des contrôles « en fonction des priorités politiques du gouvernement et non en fonction de ce que constatent les inspecteurs ». La CFTC a regretté que « la réforme limite l’intervention des partenaires sociaux à une simple information ». Tandis que le Snutef-FSU a salué les 700 postes comme une « avancée importante », mais s’est interrogé sur leur traduction après l’élection présidentielle de 2007.

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