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CHRISTIAN CARRERE | La Marseillaise du 19.09.2010

Le Chantier naval de Marseille est créé

lundi 31 mai 2010 par Christian Carrère
Industrie. Le site ex-UNM sur la voie du redémarrage. Si le syndicat CGT demeure vigilant, il envisage l’avenir avec confiance et reste ferme sur l’embauche des 45 occupants.

C’est Patrick Castello, le secrétaire général du syndicat CGT de la réparation navale marseillaise qui l’a dit hier, en début d’après-midi, à l’occasion d’une conférence de presse : « Les divergences qui demeurent entre nous et le repreneur [entendre la société San Giorgio del Porto, ndlr] sont si minces que les deux parties estiment qu’il est du devoir de chacune d’elles de lever les derniers blocages et de trouver une solution. » Et, histoire de préciser les dispositions dans lesquelles, en la matière, se trouve son syndicat, Paco, comme l’appellent les salariés, affirme : « Nous ne sommes pas en conflit contre le repreneur. »

Et le syndicaliste d’estimer que « les prochaines semaines seront déterminantes ». Avant de préciser que « dans les tout prochains jours on devrait connaître les premiers embauchés » du CNM. Avec sa reprise par le Génois San Giorgio del Porto, le site historique de la réparation navale marseillaise s’appellera en effet Chantier naval de Marseille. On imagine la satisfaction du syndicat devant la perspective du prochain redémarrage. Et avec lui, tous ceux qui se battus pour que la désertion de l’Espagnol Boluda n’entraîne pas la fermeture définitive du site. Avec en première ligne, les 45 qui sont restés là de bout en bout et qui vivaient hier leur 445e journée d’occupation.

« Comment pourrait-on envisager que ces 45 ne fassent pas partie de la reprise ? », demande Patrick Castello. « N’ont-ils pas mené le combat pour que ne disparaisse pas une activité indispensable au port de Marseille ? N’ont-ils pas, par leur présence sur les lieux, empêché la vente de l’outillage ? » Bref, s’il y a la perspective toute prochaine d’une reprise de l’activité de réparation navale à Marseille, « ils y sont quand même pour quelque chose ».

Les entretiens d’embauche personnalisés ont commencé. « Ca se passe plutôt bien », note Paco, précisant que l’occupation se poursuivrait jusqu’à l’annonce de l’embauche de la totalité des « 45 ». Avec précision de l’échéancier d’un processus qui devrait s’amorcer avec la remise en état des lieux, supposant, estime le repreneur, la présence d’une vingtaine de salariés. Fin de ce mois ou début juin. On passera ensuite à la phase de redémarrage de l’activité de réparation proprement dite, avec l’arrivée dans les formes des premiers navires. Cela devrait intervenir en septembre, échéance pour laquelle le repreneur annonce un effectif situé entre 65 et 70 salariés. Une échéance également très attendue par les sous-traitants de l’espace portuaire.

La persévérance des salariés a payé

Tout se passe comme si les décideurs avaient décidé de minimiser l’événement. Le moins que l’on puisse dire en effet, c’est que la signature, le 6 mai dernier, de la convention entre le Grand port maritime de Marseille et la société génoise San Giorgio del Porto, attribuant à celle-ci la location pour 15 ans des formes de radoub 8 et 9, n’a pas défrayé la chronique. Mis à part un communiqué de la direction du GPMM publiant cette information et quelques mots de Roland Blum, premier adjoint au maire de Marseille, de surcroît député UMP, cela ressemblait plutôt à un silence radio. Pourtant, on avait vu le même Roland Blum plus prolixe pour flétrir les actions des salariés occupant le site. Des actions vouées à porter à la connaissance de tous le sens d’un combat destiné à pérenniser une activité indispensable à tout port digne de ce nom. Indispensable à l’économie et à l’emploi de la Cité phocéenne.

Cette activité de réparation navale, que d’aucuns croyaient (souhaitaient ?) promise à la disparition après le départ du groupe espagnol Boluda, va reprendre autour des formes de Mourepiane. Enfin une bonne nouvelle pour le port de Marseille. Les « 45 » qui n’ont jamais renoncé à cette perspective trouvent, là, la juste récompense de leur détermination. Et avec eux, toutes celles et tous ceux qui ont soutenu leur combat. Par les temps qui courent, 70 emplois sauvés, c’est loin d’être négligeable. D’autant qu’il faut y ajouter ceux ainsi sauvegardés dans les entreprises sous-traitantes locales, auxquelles le Chantier naval de Marseille s’est engagé à recourir en priorité.

CHRISTIAN CARRERE

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