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Un article de François-Xavier Bourmaud paru dans Le Figaro du 22 juin 2005

Le Conseil économique et social doute de l’efficacité du plan Villepin

mercredi 22 juin 2005 par François-Xavier Bourmaud

Le plan Villepin a décidément bien du mal à convaincre. Après les syndicats, c’était au tour du Conseil économique et social (CES) de faire part de ses réserves sur le plan de bataille pour l’emploi du premier ministre.

Consultés par Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher dans une réunion à huis clos, les membres du bureau du CES ont critiqué une à une les différentes mesures du premier ministre, durant « quatre heures d’une rencontre de travail intensif et très approfondie », selon un participant.

Objectif de l’échange : laisser s’exprimer « en toute franchise » les représentants des syndicats, du patronat et des associations qui siègent au CES. Et se dégager des postures et des positions de principe pour avoir « des discussions directes et sans faux-semblant ». Le ministre de la Cohésion sociale, le ministre délégué à l’Emploi et le bureau du CES s’étaient d’ailleurs accordés pour ne pas communiquer officiellement sur la teneur des échanges.

D’où ce jugement tranché de l’un des participants, pourtant réputé réformiste : « Les mesures proposées ne sont qu’un catalogue de mesures marketing rigides et idéologiques qui ne visent qu’à produire un effet d’annonce. » Et cet autre de prévenir : « Si l’ensemble du plan n’évolue pas, les patrons, les syndicats et les associations le rejetteront. »

Du contrat nouvelle embauche et sa période d’essai de deux ans, au centre de toutes les critiques, à la prime de retour à l’emploi de 1 000 euros, en passant par la modification des seuils sociaux, le bureau du CES a passé l’ensemble du plan Villepin au crible. Face à deux ministres « qui n’étaient pas tant venus pour répondre à des questions que pour écouter les propositions du CES », les membres du bureau ont ainsi déploré que le plan Villepin ne réponde pas aux besoins réels des entreprises ou des associations et agisse plus sur le traitement du chômage que sur l’emploi.

« J’espère que certaines mesures vont être infléchies. Il serait étonnant que le gouvernement ne tienne pas compte des mises en garde que peut émettre cette maison », explique cet autre dirigeant de groupe au CES. Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher ont d’ailleurs entrouvert la porte à des modifications du contrat nouvelle embauche. « Ils ont ouvert des pistes sur ce vers quoi ils avaient le sentiment de pouvoir aller par rapport à leur majorité », a juste indiqué le président du CES, Jacques Dermagne. Les deux ministres « ont montré une vraie volonté de trouver des solutions qui apportent au pays les souplesses que, à tort ou à raison, ceux qui sont en capacité d’embaucher veulent avoir, sans qu’il y ait une régression » pour les salariés.

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