Liste des auteurs

Article de Alain Faujas paru dans Le Monde du 21 novembre 2006

Le G20 s’engage à augmenter les investissements dans l’énergie

mardi 21 novembre 2006 par Alain Faujas

Réunis à Melbourne (Australie), le samedi 18 et le dimanche 19 novembre, les ministres des finances des vingt plus grandes économies du monde se sont engagés dans un communiqué à " promouvoir les investissements" en matière de production et de raffinage des produits énergétiques.

Un document préparatoire à cette réunion, dite du G20 "finances", souligne qu’au rythme de + 1,4 % par an évalué par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les besoins énergétiques progresseront de moitié d’ici à 2030.

Pour faire face à cette poussée de la demande, le document évalue à 2 500 milliards de dollars (1 950 milliards d’euros) les sommes à investir dans la recherche, la production et le raffinage des produits énergétiques. Par exemple, le Moyen-Orient devrait dépenser 1 000 milliards de dollars et la Russie 900 milliards dans les hydrocarbures. 500 milliards de dollars seraient indispensables dans le raffinage.

Le rapport doute de la volonté des acteurs mondiaux de dépenser de telles sommes : " L’actuelle insuffisance des investissements dans les infrastructures de production gazière en Russie et en Asie centrale pourrait conduire à une limitation des approvisionnements dans les prochaines années", préviennent les auteurs relayés par le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Rodrigo Rato, qui a souligné que " les cours (du pétrole) ne reculeront pas s’il n’y a pas plus de capacités".

Connexe aux questions énergétiques, le problème du réchauffement climatique a été débattu par le G20, mais à peine évoqué dans son communiqué final. En effet, les ministres des finances ne pouvaient pas ignorer les conséquences économiques des émissions de gaz à effet de serre, après la publication le 30 octobre, du rapport de Nicholas Stern, ancien économiste en chef de la Banque mondiale. Celui-ci prédit que le réchauffement climatique pourrait, selon les pays, amputer de 5 à 20 points de pourcentage leur produit intérieur brut (PIB).

PAS DE DÉCLARATIONS FORTES

Le sujet était trop politique, compte tenu de l’opposition des Etats-Unis, de l’Australie mais aussi de grands pays émergents à une politique contraignante en matière d’émissions de ces gaz telle que prévue par le Protocole de Kyoto. Les ministres n’ont donc rien conclu, sinon en appelant " à de nouvelles réformes dans les subventions énergétiques".

Dans deux autres domaines sensibles, le G20 s’est abstenu de déclarations fortes. Ainsi la condamnation de l’explosion nucléaire effectuée par la Corée du Nord est-elle demeurée verbale. Et il faut lire entre les lignes du communiqué pour comprendre que la Chine et le niveau de change insuffisant de son yuan sont visés, lorsque le G20 estime que " maintenir une croissance forte et contenir l’inflation vont rendre nécessaires des ajustements des politiques monétaires et budgétaires et une flexibilité appropriée des taux de change".

Plutôt confiants dans la santé de l’économie mondiale, mais toujours soucieux de l’inflation, les ministres s’exhortent mutuellement à " profiter de la force actuelle de l’économie internationale" pour réduire la dette de leurs pays, afin de se préparer au retournement de tendance qui surviendra inévitablement.

Enfin, le G20 a appelé à une " deuxième étape" dans la réforme du FMI. Il " estime que l’efficacité et la légitimité du FMI (..) doivent être renforcées par une vaste reforme de sa gestion et d’un réexamen de sa politique stratégique".

Ce rappel a été inspiré par des pays émergents comme le Brésil qui s’impatientent de voir augmenter leur poids au sein du FMI. Le 19 septembre, lors de l’assemblée annuelle du Fonds à Singapour, il leur avait été promis que leurs droits de vote seraient améliorés à l’instar de ceux de la Chine, du Mexique, de la Corée du Sud et de la Turquie.

La discussion porte désormais sur la façon de calculer la répartition du capital du Fonds entre les pays. Tout le monde est d’accord pour ne pas se limiter au PIB ; certains voudraient y ajouter les réserves de change et d’autres comme Xavier Musca, directeur du Trésor français, demandent qu’il soit tenu compte du degré "d’ouverture de l’économie aux investissements et aux flux étrangers".

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !