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Une dépèche AFP parue sur lemonde.fr le 15 décembre 2005

Le Kazakhstan s’émancipe de la Russie avec un nouvel oléoduc

jeudi 15 décembre 2005

Le Kazakhstan, puissance pétrolière en pleine expansion, a mis en service, jeudi 15 décembre, un oléoduc long de 1 000 kilomètres qui doit fournir à partir de mai 2006 la Chine, de plus en plus consommatrice d’énergie, renforçant un peu plus les positions économiques et stratégiques des deux pays en Asie centrale.

Le président kazakh, Noursoultan Nazarbaev, a lui-même mis en marche jeudi depuis Astana l’oléoduc qui relie Atasu (centre du Kazakhstan) à Alashankou dans le Xinjiang (ouest de la Chine). L’installation est située dans le centre de commande de KazTransOil, la filiale de transport des produits pétroliers de la société d’hydrocarbures de l’Etat kazakh Kazmounaïgaz. "C’est un jour mémorable", a déclaré le président, "c’est un évènement des plus importants pour les relations économiques et commerciales entre la Chine et le Kazakhstan".

M. Nazarbaev s’est d’autre part félicité du "temps record" mis pour la construction des 1 000 kilomètres de l’oléoduc, les travaux ayant commencé en septembre 2004. L’oléoduc permet au Kazakhstan de multiplier ses voies d’exportations face à une production pétrolière en pleine croissance. En élargissant les débouchés pour ce pays, il permettra d’augmenter la production de brut, qui devrait passer de 1,2 million de barils par jour en 2005 à 3,5 millions en 2015, selon les prévisions officielles. Le projet a coûté au total 806 millions de dollars, cofinancés par Kazmounaïgaz et China National Petroleum Corporation (CNPC).

"UN RÊVE ÉNERGÉTIQUE POUR LA CHINE"

Cet oléoduc est le deuxième tronçon d’un projet pharaonique de 3 000 kilomètres au total qui devrait permettre à Pékin d’accéder directement en 2011 aux gigantesques réserves pétrolières de la mer Caspienne. La première étape de cet oléoduc, achevée en 2002 (400 kilomètres dans les steppes kazakhes), relie Atyrau, la capitale pétrolière kazakhe dans l’ouest du pays, au champ pétrolifère de Keniyak, contrôlé par la société publique CNPC.

La troisième partie de l’oléoduc devrait relier Keniyak à Atasu en 2011 et le volume transporté répondra alors, selon le département américain de l’énergie, à 5 % de la demande pétrolière chinoise. "Le Kazakhstan est un rêve énergétique pour la Chine ! Elle a à sa porte un gros producteur de pétrole stable qui lui permet de se défaire un peu de sa dépendance du Moyen-Orient", souligne un sous-traitant occidental ayant travaillé sur le chantier de l’oléoduc. "Et puis la Chine prend pied fermement en Asie centrale pour concurrencer les Occidentaux et les Russes", poursuit-il. Dans la lignée de cette stratégie, CNPC a acquis cette année le canadien PetroKazakhstan, dont les puits de pétrole de Koumkol (centre) alimenteront en partie l’oléoduc.

Pour le Kazakhstan, cette installation est non moins importante car elle ouvre un marché énergétique insatiable, proche et peu concurrentiel, tout en permettant à Astana de s’affranchir un peu de sa dépendance vis-à-vis de la Russie. Jusqu’à présent, pour atteindre les marchés mondiaux, le Kazakhstan était contraint d’utiliser l’oléoduc Caspian Pipeline Consortium qui aboutit dans le port russe de Novorossisk.

C’est dans ce contexte qu’Astana avait aussi annoncé vouloir participer au nouvel oléoduc BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan), qui doit fournir les marchés mondiaux en pétrole de la Caspienne depuis l’Azerbaïdjan, un projet lancé par les Etats-Unis et combattu par la Russie. Mais le Kazakhstan devra se méfier de son partenaire chinois. L’oléoduc ayant été construit pour un seul client, celui-ci pourrait vouloir dicter ses prix.


La Russie veut quadrupler le prix du gaz qu’elle vend à l’Ukraine

La guerre du gaz entre Moscou et Kiev a pris un nouveau tournant mercredi, le géant russe Gazprom annonçant une hausse abrupte de ses prix en 2006, qui, si elle est appliquée, fera plus que quadrupler la facture réglée dans ce domaine par l’Ukraine. Gazprom va unilatéralement imposer à l’Ukraine "à partir du 1er janvier" 2006 un prix de 220 à 230 dollars pour 1 000 m3 de gaz. Le chef adjoint de la compagnie gazière ukrainienne Naftogaz, Andriy Lopouchanski, a estimé que le nouveau prix exigé par Gazprom était "inacceptable". Le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, a appelé Moscou à éviter les "pressions politiques".

Le président ukrainien a par ailleurs indiqué, jeudi matin, que le gaz russe serait destiné d’abord à l’industrie afin d’éviter sa brusque appréciation pour les secteurs communal et national. Cette approche permettra à la population et aux services communaux de terminer l’hiver avec des "prix traditionnels" ou "une petite augmentation pendant le deuxième semestre de l’année", selon lui.

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