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Un article de Judith Veil paru dans le Figaro du 21 mars 2005

Le Medef refuse une négociation globale sur les salaires du privé

lundi 21 mars 2005 par Judith Veil

Le gouvernement entame demain des négociations salariales dans la fonction publique mais, pour ce qui concerne les rémunérations dans le privé, il en est réduit au rôle de spectateur. Guillaume Sarkozy, vice-président du Medef, l’a rappelé samedi en déclarant sur Europe 1 : « Il n’y aura pas, en France, dans le secteur privé, d’ouverture de négociations. Cela n’a jamais été et cela ne sera pas. Ce qui existe, par contre, dans les branches, ce sont des négociations sur les salaires minimums. »

Il s’exprimait au lendemain d’une réunion entre les partenaires sociaux et le gouvernement, à l’issue de laquelle Gérard Larcher, le ministre délégué aux Relations du travail, a donné rendez-vous aux syndicats pour le 10 juin, pour déterminer les secteurs dans lesquels les négociations salariales sont prioritaires. Larcher a également « engagé toutes les branches où il n’y a pas eu de négociations et où les grilles sont obsolètes à commencer la discussion ». Mais, depuis les déclarations de Jean-Pierre Raffarin sur le « partage de la croissance » faites à la suite de la forte mobilisation sociale du 10 mars, le patronat invite le gouvernement à ne pas se mêler d’un débat qui ne regarde que l’entreprise.

Après les déclarations de Guillaume Sarkozy, Marie-George Buffet (PCF) a répliqué sur TF1 : « Qu’est-ce que c’est que ce gouvernement et ce patronat qui ne veulent pas entendre ce qui monte dans le pays, c’est-à-dire l’aspiration à une augmentation du pouvoir d’achat ? » Le secrétaire général du Parti communiste estime que c’est « l’ensemble des bas salaires et des salaires moyens qu’il faut augmenter d’urgence », et pas seulement les minima sociaux comme le préconise le gouvernement.

« Quand on fait des négociations sur les salaires minima et qu’on essaie de les rapprocher du smic, si on ne renégocie pas tous les niveaux de rémunération au-dessus, on a un tassement et une smicardisation de tous les salaires », a ajouté Michèle Biaggi, de Force ouvrière. Rémi Jouan, de la CFDT, affirmait pour sa part : « Dès lundi, nous allons prendre contact avec l’ensemble des chambres patronales pour qu’on puisse travailler réellement, pour que le ministère puisse au mois de juin avoir une idée beaucoup plus exacte de la réalité de la négociation sur les classifications et les salaires dans les branches. »

Mais les marges de manoeuvre du gouvernement sont réduites. Bercy mise désormais sur l’intéressement. Thierry Breton, le ministre de l’Economie, s’est d’ailleurs invité samedi matin sur Europe 1 pour « faire de la pédagogie vis-à-vis des Français ». Il a expliqué la différence entre intéressement et participation : « L’intéressement est une mesure instantanée, c’est immédiatement du liquide, du cash, payé dès cette année dans la poche des salariés. C’est pour lutter contre le problème d’aujourd’hui, le pouvoir d’achat. Par ailleurs, il y a la participation, dont le premier ministre parlera la semaine prochaine, et ça c’est de l’épargne à long terme. »

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