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Cécile Calla | Le Monde le 27 décembre 2006

Le charbon divise l’Allemagne

mercredi 27 décembre 2006 par Cécile Calla

A la différence de la France, qui a fermé sa dernière mine de charbon en 2004, l’Allemagne continue de débattre sur l’avenir de ce secteur. Depuis plusieurs mois, le gouvernement de grande coalition cherche en vain à trouver un compromis sur l’avenir des aides publiques pour la production de la houille. Il existe outre-Rhin encore huit mines qui emploient près de 34 000 personnes en Rhénanie du Nord Westphalie et en Sarre. L’activité, qui a fait un temps la fortune de l’industrie allemande, ne survit aujourd’hui que grâce aux importantes subventions publiques. Elles devraient atteindre cette année près de 2,1 milliards d’euros.

Les chrétiens-démocrates, particulièrement les deux ministres présidents des régions minières Jürgen Rüttgers (CDU) pour la Rhénanie-du-Nord-Westphalie (NRW) et Peter Müller (CDU) pour la Sarre, plaident pour une suppression de ces aides au plus tard en 2018 tandis que les sociaux démocrates réclament un socle de subventions durables.

Le débat ne date pas d’hier. Depuis le début des années 1980, des experts exhortent le gouvernement à réduire sensiblement les aides publiques dans ce secteur. Pourtant, les subventions n’ont cessé d’augmenter pour atteindre un record de 6,7 milliards d’euros en 1996 avant de redescendre à 2,3 milliards d’euros.

Aujourd’hui, dans le contexte d’une libéralisation des marchés de l’énergie, ces aides sont devenues totalement anachroniques aux yeux de nombreux observateurs. D’autant que le charbon allemand coûte trois fois plus cher que celui de l’étranger.

Traditionnel défenseur des "gueules noires", le SPD veut éviter d’importantes suppressions d’emplois. A travers le maintien des aides, il voit, de plus, un moyen de contribuer à la sécurité de l’approvisionnement en énergie. Les subventions seraient ainsi "une prime d’assurance contre les risques énergétiques sur les marchés mondiaux", souligne Norbert Römer, député au Parlement régional de NRW. Une version que contestent les économistes de l’institut de recherches de Rhénanie-Westphalie (RWI) en soulignant le bon fonctionnement du marché mondial de la houille et l’important stock de réserves dans ce secteur.

Selon eux, la fermeture des mines aurait également des retombées positives sur la protection du climat en permettant de supprimer jusqu’à 7 millions de tonnes d’émissions de CO2. Quant aux aides publiques destinées à la houille, premier poste dans le budget des subventions publiques, elles pourraient être réinvesties dans le développement des énergies renouvelables. Reste le sort des mineurs. Là encore, les économistes de RWI sont confiants : leur bon niveau de qualification devrait leur permettre de trouver rapidement un travail...

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