Liste des auteurs

Article de FRANÇOIS-XAVIER BOURMAUD paru dans Le Figaro le 4 octobre 2006

Le climat social sous tension, dans l’attente de la présidentielle

mercredi 4 octobre 2006 par François-Xavier Bourmaud
Après la crise des banlieues et celle du CPE, la note de conjoncture d’Entreprise & Personnel prévoit une année sociale « attentiste » en dépit de nombreuses chausse-trapes.

ATTENTION parcours piégé ! En dépit du climat social relativement calme qui prévaut depuis la fin de la crise du CPE, les sujets potentiellement explosifs demeurent nombreux pour le gouvernement d’ici à l’élection présidentielle. Et le mécontentement ambiant ne demande qu’à s’agglomérer une nouvelle fois. Sur le parcours semé d’embûches qui mène au rendez-vous de 2007, il existe toutefois une « porte étroite » à emprunter pour y parvenir sans encombre.

L’association Entreprise & Personnel, qui regroupe plus de 160 DRH a publié hier sa note prospective sur le climat social de l’année à venir. Intitulée « La Porte étroite », cette étude débute sur un bilan de l’année passée en forme de mea culpa. Il y a un an, les auteurs avaient prévu une période 2005-2006 en forme de « veillée d’armes préélectorale » sans beaucoup d’agitation sociale. Les crises successives des banlieues et du CPE sont venues balayer leurs prévisions, un scénario qu’ils jugeaient alors peu probable, « sauf maladresse malvenue du gouvernement »...

Pour l’année à venir, la note renouvelle sa prévision avec une préférence pour le scénario d’un « attentisme global et relatif ». Global « car un mouvement social généralisé paraît peu vraisemblable » et relatif « car de nombreuses zones de turbulence pourront ici ou là durcir la conjoncture ». Ces zones de turbulences, ce sont ces dossiers qui, à tout moment, peuvent prendre une ampleur démesurée et dégénérer en crise sociale. L’étude en dresse une liste non exhaustive. Avec les banlieues tout d’abord, où de nouveaux troubles sont « probables ». Avec différentes catégories socioprofessionnelles ensuite, où des mobilisations sont envisageables : les médecins contre la convention médicale, les routiers si le prix du fuel augmente, les enseignants contre la réduction des effectifs, les pêcheurs et agriculteurs contre les projets européens à l’étude, etc. Avec les secteurs fragiles enfin, où les menaces sont permanentes : hôpitaux, prisons, aéronautique.

« Situation dramatisée »Face à cette liste explosive, les auteurs estiment justement que « c’est précisément l’enjeu des élections à venir, présidentielle puis législatives, que de répondre à cette crise et restaurer la confiance ». Et de rappeler aux candidats à la présidence que, « face à des situations très critiques, trois réactions politiques semblent s’être succédé en France ». L’« accommodement ou l’esquive » : c’est ce que vit la France depuis 20 ans. La « rupture-trahison » ou l’élection de François Mitterrand en 1981 sur un projet anti-capitaliste abandonné peu après. La « rupture-élan » ou le programme du général de Gaulle après la Libération.

Et les auteurs de prévenir : « Proclamer une rupture, cela ne peut-être compris que dans une situation dramatisée. Aujourd’hui, ne risque-t-elle pas d’être perçue comme l’annonce d’un changement autoritaire ? »Une mise en garde à Nicolas Sarkozy ?

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !