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Un article de Antoine Jacob paru dans Le Monde du 3 mars 2006

Le conflit sur le temps de travail perdure malgré un accord à Hambourg

vendredi 3 mars 2006 par Antoine Jacob
Près d’un mois après le début d’une grève dans la fonction publique allemande, les négociations entre partenaires sociaux sur le temps de travail ont donné lieu à un accord dans la ville-Etat de Hambourg, sans pour autant mettre un terme au plus gros conflit social du genre depuis une quinzaine d’années. Mercredi 1er mars, les responsables communaux du grand port hanséatique et Ver.di, le syndicat des services allemands, ont trouvé un compromis.

Les premiers souhaitaient faire passer quelque 6 000 employés communaux à la semaine de 40 heures, sans compensation salariale. Ils n’ont eu que très partiellement gain de cause, puisque la formule retenue prévoit une modulation du temps de travail en fonction du salaire, de l’âge et de la situation familiale de chacun. Seuls les salaires les plus élevés travailleront désormais 40 heures, au lieu de 38,5 actuellement. S’ils ont des enfants de moins de 12 ans, leur semaine passera à 39,5 heures. Même principe pour les employés moins bien payés : pour les salariés intermédiaires, le temps de travail sera de 39,5 heures et de 39 heures pour les parents d’enfants de moins de 12 ans et les plus de 56 ans. Quant aux bas salaires, leur régime général sera de 39 heures, avec 30 minutes de moins par semaine s’ils ont des enfants de moins de 12 ans, et une heure de moins s’ils sont âgés de 50 ans et plus.

Les adhérents hambourgeois de Ver.di ont approuvé ce compromis à hauteur de 42 %, ce qui était suffisant pour interrompre la grève. Depuis le 13 février, les poubelles n’étaient plus ramassées dans la ville, les portes des crèches étaient fermées et les hôpitaux n’accueillaient que les urgences. L’accord venu du nord du pays a laissé entrevoir un possible dénouement dans les huit autres régions touchées par ce mouvement social, dans l’ouest de l’Allemagne. Mais les négociations phares, qui se déroulaient dans le Land de Bade-Wurtemberg, d’où est parti le conflit le 6 février, ont été interrompues, mercredi soir, à Stuttgart.

"La formule de Hambourg montre qu’il est possible de se mettre d’accord", a commenté un porte-parole de Ver.di pour le Bade-Wurtemberg. Le syndicat, qui craint qu’une hausse du temps de travail ne se traduise par des suppressions d’emplois, a néanmoins rejeté un compromis - 39,7 heures par semaine - proposé par les communes de ce Land. Ver.di, qui revendique la semaine de 38,8 heures, a donc décidé de durcir et d’étendre le conflit en multipliant les arrêts de travail. Aucune date n’a été fixée pour de nouveaux pourparlers.

Du côté des employeurs, au niveau des Länder, on campait, jeudi matin, sur la proposition initiale de 40 heures par semaine. Une nouvelle séance de négociations est prévue le 10 mars, alors que le gouvernement fédéral s’est gardé jusqu’à présent d’intervenir pour mettre un terme au conflit. Autre signe d’une tension sociale soutenue dans un pays où plus de 5 millions de personnes sont au chômage, le syndicat de la métallurgie, IG Metall, a lancé, mercredi, des grèves d’avertissement dans diverses usines du Bade-Wurtemberg. Il s’agit là de faire pression sur les employeurs, qui refusent d’accorder la hausse de salaires de 5 % exigée par le syndicat.

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