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Philippe Ricard | Le Monde le 10 mars 2007

Le désaccord sur le nucléaire pèse sur la stratégie énergétique de l’UE

samedi 10 mars 2007 par Philippe Ricard

Les vingt-sept chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne, réunis en sommet à Bruxelles, devaient se mettre d’accord, vendredi 9 mars, sur un objectif quantifié pour augmenter la part des énergies renouvelables dans leur consommation d’énergie. Les antagonismes sur la question du nucléaire ont obligé la chancelière allemande, Angela Merkel, dont le pays préside les travaux de l’Union, à batailler ferme, jeudi, pour tenter d’atteindre un compromis susceptible de donner du corps aux efforts européens de lutte contre le réchauffement climatique.

Jacques Chirac, qui participait au dernier Conseil européen de son mandat, avait fait savoir avant le sommet l’importance qu’il attachait à un accord montrant l’engagement de l’Europe dans cette lutte. Mais le président français a fait savoir qu’il n’approuverait l’engagement contraignant d’amener la part des énergies renouvelables à 20 % du bouquet énergétique de l’Union d’ici à 2020 que si la répartition de l’effort laisse une marge de manoeuvre à chaque pays membre.

Pour Paris, le nucléaire permet aussi de lutter contre le réchauffement climatique. "La répartition de l’effort sur le renouvelable doit tenir compte de la place des autres énergies faiblement carbonées - nucléaire et charbon propre - dans nos choix énergétiques nationaux", a demandé M. Chirac, selon son porte-parole.

VIVE RÉSISTANCE

Mme Merkel, a accepté de s’engager dans cette voie, ainsi que le président de la Commission, José Manuel Barroso : "Quand nous disons 20 %, cela ne signifie pas 20 % pour chaque pays", a déclaré ce dernier. En écho aux pays qui ne veulent pas entendre parler du nucléaire, comme l’Autriche, la chancelière n’a pas souhaité faire une mention trop explicite de cette technologie : "Le nucléaire ne peut être considéré comme une énergie renouvelable", a indiqué Mme Merkel dans la soirée.

Dans cette affaire, la résistance la plus vive est venue des nouveaux Etats membres, alliés ces derniers jours à la France. La Pologne était prête à s’associer au compromis à condition que l’on renforce la solidarité entre les Vingt-Sept en cas de crise énergétique avec un pays fournisseur, comme la Russie, avec laquelle Varsovie est en froid.

République tchèque, Slovaquie, et Hongrie préféraient encore dans la soirée un objectif indicatif. Très dépendants de la Russie, ces pays craignent beaucoup pour la sécurité de leurs approvisionnements. Certains d’entre eux ont misé sur le nucléaire, à l’instar de la République tchèque. D’autres, comme les Etats baltes et la Pologne, y songent. Les nouveaux membres craignent que le recours aux énergies renouvelables ne soit trop coûteux. Ils ont demandé à la présidence allemande d’ultimes amendements avant d’accepter toute approche contraignante.

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