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Frédéric de Monicault | Le Figaro le 16.10.2007

Le futur groupe GDF Suez commence à se dessiner

mardi 16 octobre 2007 par Frédéric de Monicault
Le nouvel ensemble annonce un programme de dix milliards d’euros d’investissements par an sur la période 2008-2010.

LE PROCESSUS de fusion entre Gaz de France et Suez a bel et bien démarré. À la veille d’entamer ensemble une tournée d’information des investisseurs, les présidents des deux groupes en ont profité pour fixer les principaux objectifs opérationnels et financiers du nouvel ensemble. Pour donner des éléments de calendrier également : GDF Suez devrait être opérationnel à l’horizon du premier semestre 2008, à l’issue de toute une série de procédures.

Pour l’heure, les deux entreprises prennent soin de souligner que leur rapprochement va bien au-delà d’une addition de chiffres. Ainsi les investissements : GDF Suez annonce un programme de dix milliards d’euros par an sur la période 2008-2010. Dix milliards, ce sont deux de plus que les objectifs initiaux de chaque groupe pris séparément (5 milliards pour Suez, 3 pour Gaz de France).

Cette enveloppe s’accompagne d’objectifs commerciaux précis. Le nouvel ensemble, déjà leader sur le marché du gaz en France, vise notamment à terme une part de marché de 20 % sur les clients en électricité dans l’Hexagone. À l’origine, Suez tout seul ne visait pas plus de 15 %. D’ici à 2013, GDF Suez disposera d’une capacité installée de 10 GW (10 milliards de watts), contre 5,6 GW en 2006.

Bon accueil des marchés

En termes financiers, GDF Suez mise sur une croissance de l’Ebitda d’environ 10 % en 2008, ainsi qu’un Ebitda cible de 17 milliards d’euros à l’horizon de 2010.

Reste maintenant à accélérer les différentes étapes préalables à la convocation des assemblées générales extraordinaires. Certes, le décret de privatisation de GDF, préalable indispensable à toute évolution du statut de l’entreprise, n’a toujours pas été signé. Mais le document est prêt : le gouvernement attend simplement le moment le plus opportun pour le ratifier. Ce qui n’est pas le cas actuellement, avec la forte agitation sociale en préparation.

Autre étape clé : la consultation des instances représentatives du personnel. L’année dernière, Gaz de France avait buté sur cet obstacle. Cette année, les positions sont toujours aussi tranchées, la Fédération CGT Mines-Énergie en particulier continue à clamer son opposition à la fusion, mais comme le souligne un bon connaisseur du dossier, « même si les syndicats vont chercher à faire traîner le processus en longueur, leur marge de manoeuvre est limitée ».

Ce qui n’empêche pas le gouvernement de multiplier les précautions oratoires. En fin de semaine dernière, lors d’un déplacement sur le site de stockage de GDF de Gournay-sur-Aronde (Oise), Nicolas Sarkozy a redit que l’État resterait de loin le premier actionnaire de GDF. Et que Suez Environnement serait rapidement vendu. Il est vrai que les électriciens et gaziers ont besoin d’être rassurés : quasiment au même moment, les salariés de GDF ont appris qu’ils fusionneraient avec Suez et que leur régime de retraite serait modifié. Sans parler de l’ouverture totale du marché de l’énergie à la concurrence. Cela fait beaucoup pour une seule entreprise.

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