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Frederic de Monicault | Le Figaro le 30.03.2009

Le géant allemand E.ON réduit la voilure en France

lundi 30 mars 2009 par Frédéric de Monicault
Le groupe abandonne un projet de construction de centrale à gaz dans le sud de la France.

L’heure est à l’inquiétude à la Snet, le troisième électricien français (derrière EDF et GDF Suez), filiale du géant allemand E.ON. En fin de semaine dernière, ce dernier a confirmé qu’il ne construirait pas de centrale à cycle combiné gaz à Gardanne (Bouches-du-Rhône), d’une capacité de 430 mégawatts (MW). À l’origine, c’est le précédent propriétaire de la Snet, l’espagnol Endesa, qui avait impulsé le projet. Sur place, la CGT s’est aussitôt émue de ce revirement, accusant E.ON de songer à la fermeture des unités déjà implantées.

Toujours la semaine dernière, le groupe allemand, à l’occasion de la tenue d’un comité central d’entreprise (CCE), avait précisé ses objectifs de développement en France. En réalité, il s’agit d’une sensible réduction de la voilure. Car si deux nouvelles installations à cycle combiné gaz sont toujours prévues à la centrale Émile-Huchet (Moselle) - 860 MW en tout, pour une mise en service en 2010 -, les autres chantiers annoncés en leur temps par Endesa restent dans les cartons.

Recul des investissements

Non pas qu’ils soient définitivement abandonnés, mais E.ON ne les lancera pas dans l’immédiat. En décembre 2006, Endesa avait évoqué, pêle-mêle, la construction de 2 000 MW de centrales à cycle combiné gaz, un investissement de 200 millions d’euros dans l’éolien, un projet de terminal méthanier à Bordeaux, un autre de centrale au Havre… À l’époque, le premier électricien ibérique, qui a cédé la Snet pendant l’été 2008 à son partenaire allemand, considérait la France comme une zone d’expansion prioritaire. Depuis, E.ON a prévenu que son enveloppe globale d’investissements entre 2009 et 2011 chuterait de 6 milliards d’euros par rapport à son montant initial. De telle sorte que son investissement annuel sera ramené à 10 milliards d’euros en moyenne. Le groupe allemand, comme ses concurrents, doit affronter un environnement difficile. La prudence est donc de rigueur, avec des répercussions pour la Snet.

Ce qui n’empêche pas Munich de suivre le dossier de sa filiale française d’extrêmement près. À cela une bonne raison : la Snet représente un foyer potentiel d’agitation sociale, dont le groupe allemand veut circonscrire tous les risques. Une tâche d’autant moins simple que des aménagements en termes d’effectifs sont également prévus, même si rien n’a encore été formalisé. La Snet emploie actuellement près de 1 000 salariés.

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