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La Tribune.fr - 09/01/08

Le gouvernement britannique devrait autoriser la relance du nucléaire

jeudi 10 janvier 2008
Cette décision, qui sera prise demain jeudi, ouvrira un marché d’une valeur potentielle de plusieurs dizaines de milliards d’euros pour les producteurs d’électricité et les entreprises spécialisées dans les infrastructures énergétiques. Greenpeace menace de réclamer en justice l’annulation de cette décision.

Le gouvernement britannique devrait offrir, ce jeudi 10 janvier, de belles opportunités de développement à Areva, Alstom ou EDF. En effet, il devrait donner son feu vert à la construction de nouvelles centrales nucléaires au Royaume-Uni. Le secrétaire d’Etat aux entreprises John Hutton annoncera au Parlement la décision finale, sans suspense, du cabinet à ce sujet, suite à une vaste consultation publique qui s’est déroulée l’an dernier.

Le Premier ministre, Gordon Brown, a déjà préparé le terrain, en déclarant à plusieurs reprises ces derniers mois que "de nouvelles centrales nucléaires ont un rôle potentiel à jouer pour combattre le changement climatique et améliorer la sécurité de l’approvisionnement en énergie". Comme en Allemagne où un ministre plaide pour le nucléaire (voir Pour aller plus loin).

Jeudi, c’est donc un marché d’une valeur potentielle de plusieurs dizaines de milliards d’euros qui s’ouvrira. Les producteurs d’électricité devront demander des licences pour construire et exploiter de nouvelles centrales. EDF et sa filiale britannique EDF Energy ont déjà proposé de construire quatre centrales atomiques d’ici 2025, seuls ou en partenariat. Le groupe allemand E.ON s’est également mis sur les rangs. Les entreprises spécialisées dans le nucléaire et les infrastructures énergétiques, comme Areva et Alstom, proposent de construire ces centrales de nouvelle génération.

Les industriels devront cependant prendre à leur charge, à terme, la totalité du coût du démantèlement des nouvelles centrales, et une "part raisonnable" du prix de la gestion des déchets radioactifs qu’elles généreront, a prévenu Downing Street.

Toutefois, le gouvernement britannique devrait devoir affronter la bronca des puissantes organisations écologistes. Greenpeace a menacé vendredi de réclamer en justice l’annulation de la nouvelle consultation, estimant en substance qu’elle n’était qu’une mascarade, dans la mesure où le gouvernement avait de toute façon l’intention dès le départ d’imposer son choix.

Actuellement, 18% de l’électricité consommée en Grande-Bretagne est produite par une dizaine de centrales nucléaires qui datent des années 1960 et 1970. Ces réacteurs vieillissants ne peuvent pas permettre de répondre à une consommation d’énergie toujours en hausse, comme le prix du baril de pétrole, même si le Royaume-Uni dispose encore pour longtemps des gisements de la mer du Nord.

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