Liste des auteurs

Un article de Anne-Sophie Stamane paru dans l’humanité le 28 septembre 2005

Le gouvernement face à la banqueroute des hôpitaux

mercredi 28 septembre 2005 par Anne-Sophie Stamane

Les hôpitaux publics ont fini l’année 2004 à bout de souffle. Sans un sou en caisse, ils ont été contraints, pour ne pas afficher de déficit en fin d’exercice, d’inscrire au budget 2005 un report de charges global de 500 millions d’euros. Mais, en raison d’un financement obstinément et largement en deçà des besoins et dépenses réels, 2005 s’annonce pire encore, avertit la Fédération hospitalière de France (FHF), qui représente une grande majorité des établissements publics.

IL mANQUE 700 millions d’euros

Il manquerait, selon les chiffres qu’elle a rassemblés, 700 millions d’euros dans les caisses pour boucler l’année honorablement. Preuve de ce décalage : alors que l’évolution des dépenses votée pour 2005 par le Parlement sur proposition du gouvernement est limitée à 3,6 %, les versements par l’assurance maladie aux hôpitaux et aux cliniques enregistraient fin août une inflation de 6,1 % sur un an. Si les périodes de référence ne correspondent pas tout à fait, la FHF voit dans cette comparaison la confirmation de ses pronostics : elle avait revendiqué une hausse des moyens octroyés aux établissements de près de 5 % pour 2005. L’État ayant fait la sourde oreille, les hôpitaux risquent au final d’entamer 2006 en traînant derrière eux un boulet de 1,2 milliard d’euros, au bas mot. Un handicap inadmissible : la Fédération de la Santé de la CGT, qui tenait hier une conférence de presse, estime que cette asphyxie financière a des répercussions sur l’accès aux soins et sur leur qualité : « Les frais facturés aux usagers ont augmenté de 30 à 60 % », rapporte Nadine Prigent, secrétaire générale du syndicat. Christophe Prudhomme, praticien hospitalier, estime, lui, que le « service rendu à la population se dégrade. Par manque de moyens, et malgré le risque terroriste ou la grippe aviaire, l’hôpital est actuellement incapable de faire face à un surcroît d’activité ». La CGT a adressé une lettre ouverte aux groupes parlementaires pour demander, entre autres, le déblocage d’une enveloppe exceptionnelle et, pour 2005, une loi modificative de la Sécurité sociale incluant « la revalorisation d’au moins 3 % des budgets de tous les hôpitaux publics et du secteur privé participant au service public (PSPH) ».

« Un taux suicidaire »

Malgré l’unanimité de la communauté hospitalière sur la gravité de la situation, le gouvernement s’apprête, par le biais du prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), à adopter une série de mesures d’économies et à contenir pour 2006, une fois encore, l’augmentation des dépenses hospitalières aux alentours de 3 %. « Un taux suicidaire », s’indigne Nadine Prigent. La FHF, de son côté, évalue à 4,32 % la hausse minimale pour 2006, à quoi elle ajoute, pour la première fois, 2,5 % pour effacer les reports de charges hérités des années précédentes. Soit un total de 6,82 %, plus du double du chiffre envisagé par le ministère de la Santé. Afin de « peser sur le débat sur le financement de la Sécurité sociale et obtenir pour 2005 des budgets supplémentaires pour nos établissements », la CGT a lancé l’idée d’une journée nationale d’actions avec une manifestation nationale à Paris, le 20 octobre prochain.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !