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Un article Christophe Jakubyszyn et Michel Samson paru dans Le Monde du 9 octobre 2005

Le gouvernement pourrait encore temporiser sur le dossier de la SNCM

dimanche 9 octobre 2005 par Michel Samson, Christophe Jakubyszyn

undi 10 octobre au matin se tiendra un conseil d’administration (CA) annoncé depuis plusieurs jours comme crucial pour l’avenir de la Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM). Mais le gouvernement devrait toutefois temporiser encore un peu.

A l’issue du CA, deux scénarios sont théoriquement possibles : ou le plan de privatisation du gouvernement est engagé, ou, compte tenu de la situation financière de l’entreprise, la procédure de dépôt de bilan est engagée.

Les syndicats restant hostiles à la privatisation et l’un des repreneurs pressentis, Walter Butler, ne cachant pas qu’il ne s’engagera pas si cette opposition persiste, la seconde hypothèse apparaît la plus plausible.

Même si des juges ont déjà été nommés par le tribunal de commerce, le gouvernement ne devrait toutefois pas, lors du CA lundi, pousser le président de la SNCM, Bruno Vergobbi, à déposer le bilan.

Vendredi, les différentes parties ont campé sur leurs positions. Walter Butler et Stéphane Richard, le directeur de Connex, les deux repreneurs potentiels, ont passé la journée à la préfecture des Bouches-du-Rhône pour expliquer leur projet aux syndicalistes. CGT, CFDT, FO et CGC avaient refusé de se déplacer. Seuls les syndicats d’officiers, minoritaires dans l’entreprise, ont rencontré les deux hommes, afin "de prendre connaissance du projet industriel" , sans que cela "ne présume des prises de position de -leurs- mandants" .

Les deux industriels restaient à Marseille tout le week-end, "gardant -leur- porte ouverte jusqu’à lundi" . "Cette société a un avenir, 150 millions d’euros seront investis, il n’y aura pas de licenciements secs" , a expliqué M. Butler, insistant sur le fait que "le gouvernement n’est plus susceptible de changer maintenant" sur son schéma : 25 % pour l’Etat, 9 % réservés au personnel et 66 % pour Butler Capital Partners et Connex.

M. Butler a refusé de dire officiellement qu’il renoncerait à l’opération si la grève se poursuivait. Un élu CFTC, Jérôme Daydou, a, au contraire, expliqué au sortir de la réunion : "Ils ne sont disposés à venir que si les organisations syndicales les rencontrent et que si la grève s’arrête. Sinon c’est le dépôt de bilan."

1,5 MILLION D’EUROS PAR JOUR

Du côté des marins et des agents sédentaires grévistes, la tension reste forte. Un huissier s’est rendu chez Bernard Marty, secrétaire CGT du comité d’entreprise, afin qu’il convoque une réunion dans la foulée du conseil d’administration de lundi. Il s’y est refusé.

"Si rien n’évolue d’ici à lundi, alors le dépôt de bilan se fera dans les jours qui suivent" , a prévenu M. Vergobbi dans La Provence , samedi 8 octobre. Il a indiqué que "depuis le conflit nous perdons 1,5 million d’euros par jour" .

Vendredi, les présidents de l’exécutif de la collectivité territoriale de Corse (CTC) et de l’Assemblée de Corse, ainsi que ceux des chambres de commerce et d’industrie ont par ailleurs déclaré que "ne peuvent être envisagées ni l’entrée de la CTC au capital de la compagnie, ni la création d’une nouvelle compagnie financée sur fonds publics" .

Le projet de création d’une compagnie publique régionale corse a été avancé par le Syndicat des travailleurs Corses (STC) et les élus nationalistes.

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