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un article publié par Libération.fr le vendredi 21 janvier 2005

Le gouvernement sourd aux revendications syndicales

vendredi 21 janvier 2005
Au lendemain d’une grève très suivie dans la fonction publique, les syndicats réclament à nouveau des négociations salariales • Le gouvernement répète qu’il « n’a pas d’argent à remettre sur la table » •

lors que la grève des fonctionnaires jeudi a été très suivie avec un taux moyen de grévistes de 60% dans l’Education nationale, de 45% aux impôts et de 25,5% dans le reste de la fonction publique, le ministre de l’Economie Hervé Gaymard a réaffirmé vendredi que la baisse des impôts promise par Jacques Chirac serait poursuivie en 2006 et 2007 au prix, notamment, d’une baisse des effectifs dans la fonction publique : « Il me semble tout à fait naturel de continuer à diminuer les effectifs, d’autant que nous allons avoir beaucoup de départs à la retraite dans les années qui viennent » a expliqué le patron de Bercy. Hervé Gaymard qui dénonce une société française « cadenassée » aux « discours parfois corporatiste et souvent conservateur » demande aux syndicats de fonctionnaires de changer de méthode et d’approche. Les fonctionnaires en grève hier doivent « regarder un certain nombre de choses en face » a expliqué le ministre, « sinon on va crever », a-t-il encore déclaré.

De son côté, le ministre de la Fonction publique Renaud Dutreil a refusé de rouvrir le dossier salarial placé au cœur des revendications des manifestants. Intervenant sur la chaîne Public Sénat jeudi soir, il a déclaré qu’il « n’avait pas d’argent à remettre sur la table » tout en laissant une porte entrouverte aux syndicats en sortant du chapeau l’idée d’un « Grenelle de la fonction publique d’Etat » sur les missions et grilles indiciaires.

Fin décembre 2004, le gouvernement avait consenti aux fonctionnaires une revalorisation de leurs salaires de 0,5% au 1er février 2005 et de 0,5% au 1er novembre 2005. Un montant jugé dérisoire par les syndicats qui dénoncent une perte de pouvoir d’achat de 5% depuis janvier 2000.

« Le Ministre de la Fonction publique est en déphasage complet avec les personnels de la Fonction publique, a réagi Gérard Noguès, le secrétaire général de la fédération FO des fonctionnaires, majoritaire. Il ne sait pas qu’une politique économique défaillante peut et doit être changée : la croissance nécessaire pour l’emploi passe par la consommation, donc par l’augmentation du pouvoir d’achat des salariés, y compris pour les agents publics » a-t-il estimé.

Force ouvrière demande maintenant au premier Ministre de prendre en compte les revendications des fonctionnaires et une intersyndicale se réunira jeudi prochain, pour décider de la suite à donner au mouvement entamé hier.

Même tonalité offensive chez le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault qui a qualifié ce matin de « grand succès » la mobilisation unitaire dans le public et opposé l’exigence de « négociations salariales » aux « mesurettes » de Renaud Dutreil.

Les syndicats de fonctionnaires ont reçu le soutien de François Hollande. Le Premier secrétaire du PS a réclamé sur France 2 « un dialogue avec les fonctionnaires » et des garanties sur le pouvoir d’achat. « Si le pouvoir d’achat n’est pas garanti dans le secteur public, il ne le sera pas davantage dans le secteur privé et ça affaiblira la croissance », a affirmé François Hollande.

Prochain grand rendez-vous de la mobilisation sociale, le 5 février : les syndicats espèrent associer les salariés du privé à leurs manifestations.

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