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Un article de Rémi Barroux paru dans Le Monde du 8 février 2006

Le manque de concertation exaspère les partenaires sociaux

mercredi 8 février 2006 par Rémi Barroux

C’est la deuxième journée nationale de mobilisation sociale que Dominique de Villepin affronte en cinq mois. L’ensemble des syndicats des salariés, renforcés par les organisations de jeunes, devaient manifester dans tout le pays, mardi 7 février , contre le contrat première embauche (CPE) . Ils souhaitaient saisir l’occasion pour dénoncer le manque de concertation du gouvernement.

Malgré leur protestation, Dominique de Villepin ne semble pas décidé à changer sa méthode de travail, faite, entre autres, de prises de décisions solitaires (Le Monde du 7 février). Détournant à son profit un argument utilisé par la CFDT, Matignon fait désormais valoir que le temps de la décision politique ne peut s’accommoder du rythme des négociations sociales. "Le gouvernement doit avoir une action rapide sur l’emploi", professe-t-on au cabinet du premier ministre, avant d’ajouter qu’"une négociation peut prendre plusieurs trimestres, voire une année". "L’impératif de l’action d’urgence dans le domaine de l’emploi est contradictoire avec les us et coutumes et le tempo de la négociation syndicale", affirme cet expert.

Dans le même temps, pourtant, M. de Villepin n’a cessé de professer sa volonté de dialogue et de concertation. Avant même son discours de politique générale, début juin, il avait reçu patronat et syndicats. Au lendemain du 4 octobre 2005 , qui vit des centaines de milliers de personnes défiler pour l’emploi et les salaires, il avait annoncé son intention de rencontrer les partenaires sociaux. Ce qu’il a fait en étalant les rendez-vous sur deux mois, irritant les syndicalistes.

Enfin, M. de Villepin avait annoncé, le 12 décembre 2005, lors de la dernière réunion de la commission nationale de la négociation collective, la commande de deux rapports sur la modernisation du dialogue social. Le président de la section sociale du Conseil d’Etat, Raphaël Hadas-Lebel, s’est vu confier la mission de plancher sur les règles de représentativité et le financement des syndicats.

A Dominique-Jean Chertier, ancien directeur de l’Unedic et ancien conseiller social de Jean-Pierre Raffarin, le premier ministre a demandé d’explorer les moyens d’"améliorer les modalités d’information et de concertation en amont de la décision publique". Dans la lettre de mission qu’il lui a adressée, le 10 janvier, M. de Villepin déplore que "les pratiques actuelles" de discussions entre le gouvernement et les partenaires sociaux soient "trop souvent sources d’incompréhension mutuelle". Un "gag" pour les responsables syndicaux, qui ont vu naître le CPE sans concertation, alors même que, dans l’exposé des motifs de la loi du 4 mai 2004, le gouvernement avait pris "l’engagement solennel" de renvoyer à la négociation interprofessionnelle toute réforme du droit du travail.

Les deux hommes ont commencé à recevoir les dirigeants syndicaux. Leurs rapports sont attendus pour la mi-mars, un délai extrêmement court.

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