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Un article de Rémi Barroux et Christophe Jakubyszyn paru dans Le Monde daté du 30 juillet 2005

Le nombre de demandeurs d’emploi a baissé de 1,4 % en juin

samedi 30 juillet 2005 par Rémi Barroux, Christophe Jakubyszyn

vec un recul de 1,4 % du chômage en juin, le gouvernement peut afficher un relatif soulagement. En pleine "mobilisation d’urgence" pour l’emploi ­ un conseil restreint sur ce thème s’est tenu à l’Elysée en présence du chef de l’Etat, jeudi 28 juillet en fin de journée ­, Dominique de Villepin partira en vacances, après le conseil des ministres du 2 août, sur des chiffres de l’emploi orientés à la hausse. Et Jacques Chirac aura trouvé un écho immédiat à ses appels à la mobilisation générale pour l’emploi.

Alors que le taux de chômage par rapport à la population active n’a cessé de croître depuis quatre ans, c’est-à-dire depuis juin 2001 exactement où il s’établissait à 8,6 %, il est désormais en baisse, pour la première fois, revenant de 10,2 % à la fin mai à 10,1 % fin juin.

Selon les chiffres publiés par l’ANPE et le ministère de l’emploi, vendredi 29 juillet, la France compte 2 448 900 demandeurs d’emploi de catégorie 1 ­ à la recherche d’un emploi à temps plein et à durée indéterminée, n’ayant pas travaillé plus de 78 heures dans le mois ­, soit 35 200 de moins qu’à la fin du mois de mai (en données corrigées des variations saisonnières). Sur un an cependant, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie 1 reste en hausse de 0,1 % (- 0,1 % pour les hommes et + 0,3 % pour les femmes).

Autre motif de satisfaction pour le gouvernement, cette embellie de juin profite à toutes les catégories de demandeurs d’emploi. Le chômage des jeunes (moins de 25ans), principale cible du plan d’action pour l’emploi mis en place par M. de Villepin, est en net recul : - 2,6 %, alors qu’il était en progression de 1,3 % encore le mois dernier.

L’intensification du recours volontariste aux nouveaux contrats, mis en place par la loi de cohésion sociale du 18 janvier ­ contrats d’avenir, d’apprentissage, de professionnalisation, contrats jeune en entreprise, initiative emploi ­, explique en partie cette baisse du nombre de jeunes chômeurs. Les 50 ans ou plus à la recherche d’un emploi sont aussi moins nombreux, - 0,8 %. Le chômage de longue durée recule légèrement de 0,2 % et seuls les chômeurs de longue durée avec une "ancienneté de trois ans ou plus" échappent à la règle de la baisse, avec une augmentation de 1,3 % par rapport à mai.

"RADIATION ADMINISTRATIVE"

Signe encourageant et peut-être annonciateur de la reprise de l’activité économique créatrice d’emplois dans le secteur marchand, espère-t-on au ministère, les motifs d’entrée à l’ANPE restent orientés à la baisse, comme le mois dernier : qu’il s’agisse des licenciements économiques ou de fins de contrat à durée déterminée.

La prudence reste néanmoins de mise, surtout si l’on considère que les sorties de l’ANPE pour motif de "radiation administrative" ou "absence au contrôle" sont en forte hausse. Les premières représentent 10,8 % du total des sorties de l’ANPE (10,5 % en mai) et les absences au contrôle, qui peuvent être dues à des reprises d’emploi, sont de l’ordre de 44,7 % (37,9 % en mai).

Le ministre de l’emploi, Jean-Louis Borloo, reste lui-même mesuré dans son appréciation. "Le calcul mensuel n’a pas une grande signification, a-t-il expliqué au Monde , ce n’est pas parce que les chiffres sont bons que la tendance s’est retournée de manière lourde." Le ministre en charge de la cohésion sociale n’attend pas de baisse structurelle significative avant l’année 2006.

Conscient de la fragilité de cette reprise, Jacques Chirac a mis la pression, jeudi, sur son gouvernement. Réunissant pour la première fois le premier ministre et les cinq ministres du pôle économique et social en "conseil restreint" (un dispositif habituellement réservé aux questions de défense et de sécurité), le président de la République a estimé, selon son entourage, que "c’est maintenant que cela se joue, c’est maintenant qu’on ne doit pas prendre de retard" . Saluant l’ensemble du dispositif mis en oeuvre par le gouvernement ­ depuis le plan de cohésion sociale jusqu’au contrat nouvelles embauches, qui sera définitivement adopté au conseil des ministres du 2 août et effectif dès le 1er septembre, le président a mis en garde : ces nouvelles dispositions "ne doivent pas rester dans les pages du Journal officiel mais doivent redescendre très vite".

Les consignes gouvernementales restent très claires : le service public de l’emploi doit continuer à mobiliser ses moyens. Les agents de l’ANPE et de l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) sont vivement incités à présenter et conclure les nouveaux contrats proposés par le ministère de l’emploi. Mercredi, lors de sa conférence de presse mensuelle, le premier ministre a promis que "chaque demandeur d’emploi doit pouvoir bénéficier d’un entretien mensuel, voir bimensuel", un objectif très ambitieux pour ses services.

Contrat nouvelles embauches, chèque-emploi universel, contrats aidés, programme d’aide à la création ou à la reprise d’entreprise (ACCRE) : la palette anti-chômage du gouvernement a été passée au crible par le chef de l’Etat. "Le moment était venu de faire le point sur la phase de démarrage, contrat par contrat", explique-t-on dans son entourage.

Mais l’Elysée se garde d’évaluer en prévisions chiffrées l’impact de l’arsenal gouvernemental. "Cela ne sert à rien de se compliquer avec des prévisions. Ce n’est pas notre marque de fabrique, y déclare-t-on, en ajoutant : "les résultats seront le juge de paix.".


Un contrôle accru sur les allocataires

Le premier ministre a annoncé, mercredi 27 juillet, que le décret sur le suivi de la recherche d’emploi serait publié dans le courant du mois d’août. Il prévoira des "possibilités graduées de suspension ou de réduction des allocations par l’ANPE et par les Assedic lorsque la recherche d’emploi n’est pas suffisamment active, notamment lorsque le demandeur d’emploi ne se présente pas à ses rendez-vous ou lorsqu’il refuse les offres de formation qui lui sont faites" , selon Dominique de Villepin.

Le décret indique que le chômeur devra faire état d’"actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer ou reprendre une entreprise" . Il ajoute que "ces démarches doivent représenter un caractère réel et sérieux, apprécié compte tenu de la situation du demandeur d’emploi et de la situation locale de l’emploi" . Plusieurs syndicats se sont inquiétés de la "subjectivité" de certains termes qui pourront donner lieu à diverses interprétations, comme "caractère réel et sérieux" . Le système d’appel des sanctions sera précisé par le décret.

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