Liste des auteurs

Article de PIERRE AVRIL et FRÉDÉRIC DE MONICAULT. Publié dans Le Figaro le 05 octobre 2006

Le nucléaire de Suez inquiète Gaz de France

jeudi 5 octobre 2006 par Frédéric de Monicault, Pierre Avril
Un accord de principe a été conclu entre Suez et le gouvernement belge concernant une ouverture significative du marché de l’électricité en Belgique

LES NÉGOCIATIONS bilatérales engagées depuis quelques jours entre Suez et le gouvernement belge, relatives à l’ouverture du marché de l’électricité en Belgique, créent quelques tensions dans le cadre de la fusion avec Gaz de France. GDF s’inquiète du fait que la capacité en électricité du nouveau groupe soit affectée. Le groupe présidé par Jean-François Cirelli regrette par ailleurs d’apprendre les éléments de la négociation au fil de l’eau, sans y être vraiment associé. En outre, GDF, qui justifie notamment son projet de rapprochement par la capacité qu’il lui donne de distribuer à ses clients du gaz et de l’électricité, risque d’être fragilisé politiquement. Or, dans ce dossier, qui a donné lieu à un débat intense, chaque élément compte. Au moment où la loi sur l’énergie arrive au Sénat, le groupe gazier ne veut donner aucun argument, même symbolique, aux opposants au projet.

Mais pour Suez, la partie est délicate car Guy Verhofstadt, le premier ministre belge, veut profiter du rapprochement entre les deux entreprises pour obliger le groupe de Gérard Mestrallet à ouvrir une part de son électricité nucléaire en Belgique. Outre Quiévrain, via sa filiale Electrabel, Suez gère très précisément deux centrales, sept réacteurs nucléaires. Cela représente 6 000 mégawatts, soit un peu plus de 50 % des capacités électriques de Suez.

Hier, Suez a annoncé qu’un accord de principe avait été trouvé avec le gouvernement belge. Celui-ci devrait être détaillé officiellement demain. De source proche du dossier, on explique que les discussions entre les deux parties se prolongeront jusqu’au dernier moment. Toutefois, tout laisse à penser que Suez aurait accepté le principe de mettre à la disposition de ses concurrents des volumes d’électricité d’origine nucléaire. Dès le départ, plusieurs opérateurs étaient intéressés. Deux d’entre eux, le belge SPE et l’allemand E.ON, seraient concernés. Mais de nombreux autres opérateurs sont également sur les rangs. Seule exception, mais de taille : EDF n’en ferait pas partie. En matière de volumes d’électricité, le montant des livraisons mises à disposition par Suez devrait être de l’ordre de 10 % de ses capacités de production.

La Commission irritéeDéjà très serrées, ces négociations se sont heurtées hier à un obstacle inattendu. La Commission européenne, chargée de veiller à ce que la fusion Suez-GDF n’entrave pas la concurrence, s’est plainte d’être tenue à l’écart de ces pourparlers, provoquant l’embarras au sein des autorités du royaume. « Nous mettons en garde la Belgique. La Commission a une compétence exclusive pour l’appréciation des fusions de dimension européenne et la Belgique ne doit pas interférer », a expliqué Jonathan Todd, le porte-parole de la commissaire à la Concurrence Neelie Kroes.

Les exigences du gouvernement belge en matière de développement de la concurrence ne sont pas comprises dans la liste des contreparties adressées voici une quinzaine de jours par Gaz de France et Suez pour obtenir l’agrément de la Commission. « Reste que si Suez cède aux adjonctions du gouvernement, il s’attirera les bonnes grâces de la Commission, qui ne peut que se féliciter d’une ouverture accrue du marché », souligne un observateur.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !