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Un article de Yves Housson paru dans L’Humanité le 10 novembre 2005

Le pansement des « contrats d’accompagnement »

jeudi 10 novembre 2005 par Yves Housson

Le premier ministre a annoncé la création de 20 000 « emplois de proximité » dans les communes, associations et bailleurs sociaux des quartiers en difficulté. Il s’agira de contrats d’accompagnement vers l’emploi (CAE), institués par le plan Borloo de cohésion sociale de décembre 2004. Nouvelle version des emplois-jeunes créés par la gauche (350 000 jusqu’en 2002), supprimés par la droite, les CAE s’en distinguent par leur plus grande précarité : d’une durée minimale de 6 mois, ils ne peuvent excéder 24 mois, contre 5 ans pour les emplois-jeunes. L’aide de - l’État à l’employeur atteint 90 % du coût de ces contrats, dont les bénéficiaires sont payés au SMIC horaire. Elle n’est assortie d’aucune obligation de formation. Les CAE s’adressent à des publics en difficulté, des chômeurs de longue durée. Cependant, pour nombre d’employeurs, en particulier les associations, ils ne correspondent pas à leurs besoins de personnels qualifiés. Plus généralement, comme le soulignent des syndicalistes (voir ci-dessous), cette annonce s’apparente à un « pansement » sur la plaie béante du chômage des jeunes.


« Arrêtez de précariser l’emploi des jeunes ! »

Marc Roumejon, secrétaire général de l’UD-CGT de l’Essonne.

« Ces contrats d’accompagnement ne régleront pas le problème de la casse de l’emploi. En Essonne, actuellement, 14 entreprises ont déposé des plans de licenciements collectifs, frappant 1 900 emplois. Ce ne sont que des fleurons de l’industrie française ! À l’image de l’imprimerie Hélio-Corbeil, du groupe Quebecor (133 licenciements) : là, nous nous battons pour un projet de réindustrialisation, assorti de la création d’une école professionnelle d’arts graphiques, mais, hormis les élus de gauche, nous ne sommes guère soutenus dans le monde patronal et des institutions... Et on a la perspective de plans sociaux dans huit autres entreprises, menaçant, à terme, de 1 500 à 2 000 emplois supplémentaires. S’ajoute à cela la suppression programmée de 1 400 postes dans les services et entreprises publics, EDF, La Poste, France Télécom, les impôts, la Sécurité sociale, la CAF.

Les zones franches, dont le premier ministre veut augmenter le nombre, nous en avons déjà six en Essonne, nous faisons le constat que cela ne règle rien du tout. Les jeunes n’y sont pas les priorités d’embauche des employeurs. Et ce ne sont que des emplois précaires, encore plus précaires que ceux qui existent déjà. Il faut permettre aux jeunes d’accéder à des emplois comme tout le monde. Il faut travailler la question de la discrimination à l’embauche qui les frappe, massivement, en fonction du quartier, de la ville où ils habitent. Il faut relancer des plans d’embauche et de formation de jeunes dans nos entreprises. En 1981, et dans les années suivantes, 800 jeunes ont été recrutés à la SNECMA. Depuis dix ans, il n’y a aucune embauche. Il faut leur rouvrir les portes. »

Propos recueillis par Yves Housson

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