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FRÉDÉRIC DE MONICAULT | Le Monde le 6 janvier 2007

Le pétrole au plus bas depuis dix-huit mois

samedi 6 janvier 2007 par Frédéric de Monicault
Et si le baril chutait à 50 dollars. Un scénario de plus en plus plausible.

LA DOUCEUR du climat pèse aujourd’hui de tout son poids sur les marchés pétroliers. C’est bien simple, en ce début de janvier, la planète consomme 650 000 barils de moins par jour qu’en période hivernale normale. À l’arrivée, si la clémence des températures se confirmait au cours des prochaines semaines, le baril pourrait chuter autour de 50 dollars, contre 78 l’été dernier ! Hier, le baril de la mer du Nord se négociait à un peu plus de 55 dollars, soit son niveau de juin 2005. De quoi inciter l’Opep à réagir. Lors de sa dernière réunion, au mois de décembre, le cartel avait décidé de réduire sa production de 500 000 barils par jour à compter du 1er février prochain. « Un chiffre qui pourrait être révisé à hauteur de 1 million de barils par jour (Mbj) si d’aventure la chute des prix du brut s’accentuait », souligne Frédéric Lasserre, le directeur de la recherche sur les matières premières à la Société générale. Déjà, au mois de novembre, l’Organisation a procédé à un ralentissement de ses fournitures, de l’ordre de 700 000 barils par jour.

Pour Frédéric Lasserre, les phénomènes climatiques, si notables soient-ils - le début de l’hiver est le plus doux depuis quatorze ans -, ne sont pas les seuls à expliquer la chute des prix du pétrole. « Pour la première fois depuis 2002, on observe que les fonds d’investissement attaquent l’année en vendant à découvert des matières premières. Tout se passe comme si leur perception de ces marchés (pétrole, or, cuivre...) avait changé », explique Frédéric Lasserre. En l’occurrence, après trois ou quatre années marquées par une tendance haussière ininterrompue, le changement de comportement des « hedge funds » coïncide avec un véritable ralentissement de la demande. Et pour peu, dans le cas du pétrole, que les observateurs soient convaincus par la perspective d’un rebond significatif des capacités de production des pays producteurs, le brut pourrait redescendre dans des proportions très significatives. D’autant plus que les économies commencent à porter leurs fruits. Pour la première fois depuis 1985, la demande de brut de la zone OCDE a baissé. Certains parlent déjà de la fin d’une bulle spéculative.

Recul à la pompe

En marge de ces données économiques, l’automobiliste a toutes les raisons de se réjouir de cette chute des prix du pétrole. La décrue s’est déjà amorcée à la pompe. Selon les chiffres de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), le litre de « sans plomb 95 » coûte aujourd’hui en moyenne 1,17 euro, contre 1,32 en juillet. Quant au diesel, il atteint désormais 1,02 euro, contre 1,12 l’été dernier. Mais partant du principe qu’il faut toujours quelques jours avant que les variations du pétrole se répercutent dans les stations-service, le point bas des prix des carburants n’a pas encore été atteint, dans la mesure où le baril a baissé de 10 % depuis le début de la semaine.

En revanche, en Bourse, les titres des grandes entreprises du secteur énergétique goûtent moins ce repli du prix du brut. Les titres Shell, Total ou BP ont reculé de plus de 3,5 % depuis le début de la semaine. La baisse atteint plus de 6 % pour un groupe comme Vallourec qui fournit des infrastructures aux groupes pétroliers.

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