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AFP | 10.09.06

Le pétrole d’Aquitaine, une richesse qui attire de plus en plus les groupes

dimanche 10 septembre 2006

’Aquitaine, l’une des deux seules régions françaises à posséder du pétrole, est devenue une terre d’exploration très prisée des petites compagnies, qui reprennent les puits délaissés par les majors et misent sur la technologie pour découvrir de nouveaux gisements. A quelques encâblures des plages du bassin d’Arcachon (Gironde), sur la commune de La Teste-de-Buch, des dizaines de puits cachés de la route par une forêt de pins pompent jour et nuit l’or noir à 3.200 mètres de profondeur. Destination : les grandes raffineries françaises. "Nous réactivons aujourd’hui des puits arrêtés dans les années 80. Les réserves de pétrole en Aquitaine sont importantes et le brut, de la même qualité que celle d’Arabie Saoudite, est facile à raffiner", explique à l’AFP Daniel Goulet, directeur général pour la France du groupe canadien Vermilion. "Nous croyons au domaine minier français. Seuls 5% du territoire français ont été explorés à ce jour", renchérit Patrick Caillaut, directeur conseil. Vermilion, qui a racheté en juillet des champs détenus par Esso, revendique une production en Aquitaine de 6.600 barils par jour.

La France produit actuellement 1,5% de sa consommation de brut, soit environ 1,2 million de tonnes par an qui proviennent de plusieurs dizaines de petits gisements répartis entre le Bassin parisien et l’Aquitaine. Le Bassin parisien fournit 53% de la production nationale, contre 47% pour l’Aquitaine, selon les chiffres de la direction générale de l’énergie et des matières premières (DGEMP) au ministère des Finances. Le groupe canadien étudie pour 2007 un projet de forage offshore à 40 km des célèbres plages de Lacanau. "C’est un projet qui a beaucoup de potentiel", assure Daniel Goulet, sans révéler les estimations de réserves. Des travaux sismiques, qui consistent à envoyer dans le sol des ondes se répercutant sur les différentes couches géologiques, ont déjà commencé. "En fonction de ce qu’on va découvrir, il faudra cinq à dix ans pour savoir si les champs sont exploitables", estime M. Caillaut. Un petit groupe français, Geopetrol, a aussi acquis trois concessions dans le sud-ouest rachetées à Elf. Il voudrait bien faire de nouvelles acquisitions, mais "aujourd’hui, tous les champs sont prospères, donc les sociétés ne vendent pas", regrette la direction. Le groupe suédois Lundin Petroleum a aussi parié sur l’Aquitaine et noué un partenariat avec Vermilion sur certains puits. Ces petits gisements le long de la côte atlantique, dans les Landes et les Pyrénées, qui n’atteindront jamais la production des champs d’Angola ou du Venezuela, attirent exclusivement les petits groupes, aux structures moins coûteuses que les multinationales. "Avec les progrès de la technologie, des champs considérés peu viables économiquement redeviennent intéressants. On espère repousser les échéances de la fin du pétrole", avance Daniel Goulet. Pour la DGEMP, "si la production française de pétrole et de gaz ne couvre qu’une partie très modeste des besoins du pays, la présence d’une dizaine de compagnies actives dans les deux bassins témoigne du fait que cette production représente une certaine valeur économique". Aux prix actuels du brut, cette production est rentable et le resterait même avec des prix sensiblement plus bas, ajoute-t-elle. A Bercy, la direction des ressources énergétiques et minérales (Direm) estime que pour 2006 les investissements d’exploration en France, stimulés par un prix du baril élevé, "devraient nettement augmenter et pourraient dépasser 50 millions d’euros", un chiffre jamais atteint depuis dix ans.

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