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Un article de Frédéric PONS paru dans Libération le 30 août 2005

Le pouvoir d’achat des Français part en fumée et en loyer

mardi 30 août 2005 par Frédéric Pons
Selon l’Institut national de la consommation, la hausse des salaires est absorbée par la flambée des prix de certains postes de dépense.

Pour la deuxième année consécutive, l’Institut national de la consommation (INC) s’époumone à le dire : entre 2001 et cette année, l’augmentation moyenne du salaire des Français (167 euros par mois, selon les chiffres officiels) est littéralement « bouffée », à hauteur de 137 euros, par la hausse des prix de certains postes, hausse dont l’ampleur passe souvent inaperçue. Selon l’INC, qui publie une étude très complète dans le numéro de 60 millions de consommateurs à paraître demain, il y a trois grands escamoteurs du pouvoir d’achat des ménages.

A commencer par le prix du tabac. Dans le cadre de la politique de santé publique, son renchérissement de 54,8 % depuis 2001 coûte tous les mois à chaque Français la coquette somme de 19 euros en moyenne. Deuxième poste montré du doigt par l’Institut, le loyer des résidences principales : « Leur augmentation prive chacun de 12 euros par mois en moyenne, même les propriétaires. » Enfin, en troisième position dans les fauteurs de baisse du pouvoir d’achat, le dérapage sans fin du prix des carburants (lire en pages événement) a fait « perdre 10 euros par mois à chaque Français touchant un salaire moyen entre 2001 et 2005 ».

Mais ces trois gros fauteurs de hausse ne sont pas seuls à peser lourd sur le porte-monnaie des citoyens consommateurs : l’INC relève au passage la hausse des dépenses automobiles en général (réparations, achat, pièces détachées, etc.), qui équivaut à une perte cumulée de 22 euros mensuels. Ou celle des dépenses de santé : les hausses de tarifs variées (augmentation des honoraires des médecins et des tarifs de maisons de retraite, par exemple) amputent le pouvoir d’achat des Français de 14 euros par mois.

Et les dépenses faites dans les hypermarchés ? Depuis deux ans, le gouvernement s’efforce d’y faire baisser les étiquettes à coups de réformes de la loi Galland, considérant que les hypers sont un des principaux fauteurs d’inflation. « Les hypermarchés, ce n’est plus le problème pour le moment », assure pourtant l’INC.

Une petite phrase qui fait plaisir à Jérôme Bédier, le patron de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) : « Le dossier publié par 60 millions remet les choses en perspective et gomme un peu l’effet de loupe braqué sur les grandes surfaces », commente-t-il. De fait, selon l’institut Pannel International, les prix des hypers sont en baisse depuis plusieurs mois, notamment ceux des grandes marques : en moyenne cette déflation serait de 4 %. « Nous sommes le seul secteur où les prix ont baissé », assure Bédier.

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