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Un article de Eric Leser paru dans Le Monde du 26 février 2005

Le procès pénal d’Enron commencera en janvier 2006 à Houston

samedi 26 février 2005 par Eric Leser

Le procès pénal des principaux dirigeants du groupe énergétique Enron commencera à Houston (Texas), le 17 janvier 2006, quatre ans après la faillite "frauduleuse", le 2 décembre 2001, de ce qui était la septième plus importante société américaine. Ses 20 000 salariés ont perdu leur emploi et 15 milliards de dollars de dettes n’ont jamais été remboursés.

Jeffrey Skilling, ancien directeur général, et Richard Causey, ex-chef comptable, sont soupçonnés d’avoir manipulé les comptes, dissimulé les dettes et gonflé les profits, d’avoir trompé les salariés et les actionnaires sur la santé de la société et de s’être enrichis au détriment de l’entreprise.

Kenneth Lay, ancien président et fondateur du groupe énergétique, affrontera des accusations moins graves de fraudes pendant les quatre mois où il a assumé la direction générale de la société avant qu’elle dépose son bilan et après la démission surprise de Jeffrey Skilling, le 14 août 2001.

Mais le sort réservé à M. Lay est le plus attendu. Il était très proche des Bush, père et fils ou de Dick Cheney, actuel vice-président. Il était coprésident de la campagne de réélection de George Bush père en 1992. M. Lay et Enron étaient les plus importants donateurs de George Bush fils depuis sa première campagne en 1994 pour devenir gouverneur du Texas jusqu’à l’élection présidentielle de 2000. L’actuel président des Etats-Unis l’avait surnommé amicalement "Kenny boy".

MONTAGES FINANCIERS ILLÉGAUX

La banqueroute du groupe texan est le point de départ d’une vague de scandales sur les manipulations comptables de plusieurs grandes entreprises, qui a ébranlé Wall Street. Enron s’est effondrée en quelques semaines, après la découverte de l’utilisation de centaines de partenariats et montages financiers illégaux afin de dissimuler des milliards de dollars de pertes et de dettes. Ces partenariats ont aussi été utilisés par plusieurs cadres pour s’enrichir.

Le procès à venir s’annonce sans précédent pour la justice économique. Jusqu’à aujourd’hui, 31 dirigeants du groupe ont été mis en examen et 14 ont plaidé coupable, dont l’ancien directeur financier, Andrew Fastow, qui purge une peine de dix ans de prison. Il coopère avec le département de la justice et devrait être un témoin-clé de l’accusation.

Les procureurs ont réussi à le faire "craquer" en menaçant sa femme Léa, qui a participé à certains montages illégaux, d’une peine de prison très lourde. Elle a finalement été condamnée à un an de détention.

Dans l’affaire Arthur Andersen, étroitement liée à la banqueroute d’Enron, la Cour suprême des Etats-Unis a accepté d’entendre, fin avril, les arguments des avocats du cabinet d’audit. Pour avoir détruit des documents comptables liés à la faillite d’Enron, le commissaire aux comptes d’Andersen avait été jugé coupable en juin 2002 du crime d’"obstruction à la justice" et, en conséquence, a presque cessé toute activité.

Selon la loi américaine, une personne physique ou morale condamnée dans une affaire criminelle n’a plus le droit de certifier les comptes d’une société cotée. Arthur Andersen, qui comptait 28 000 salariés en janvier 2002, n’en a plus que 200. Selon les défenseurs du cabinet, les destructions de documents n’ont jamais eu pour objet de nuire aux investigations.

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