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Stéphane Foucart | Le Monde le 05.01.2008

Le réchauffement provoque davantage d’émissions de gaz carbonique à l’automne

samedi 5 janvier 2008 par Stéphane Foucart

Les écosystèmes sont plutôt arrangeants : ils absorbent environ la moitié du dioxyde de carbone (CO2) issu de la combustion des ressources fossiles. Connaître leur réaction aux changements climatiques en cours et savoir s’ils seront plus ou moins efficaces dans ce rôle d’éponge à CO2 revêt donc une importance cruciale pour affiner les prévisions du réchauffement dans les prochaines décennies.

Certains écosystèmes terrestres, comme les forêts, sont réputés bénéficier de l’augmentation moyenne des températures et absorber globalement plus de carbone. Des travaux publiés jeudi 3 janvier, dans la revue Nature, viennent compliquer ce tableau. Sous l’effet du réchauffement, les forêts de l’hémisphère Nord ont ainsi tendance à émettre du CO2 de plus en plus tôt dans l’année.

Pour comprendre, il faut savoir qu’en fonction des saisons, ces écosystèmes émettent ou absorbent du carbone. Deux phénomènes entrent en effet en compétition : la photosynthèse, qui fixe le carbone, et la décomposition de la matière organique des sols, qui en relâche. Au cours du printemps, la forêt entre dans une période où elle absorbe du carbone. A l’automne, la transition inverse se produit, et l’écosystème dans son ensemble devient émetteur de CO2.

HÉMISPHÈRE NORD

Selon les chercheurs, cette transition intervient de plus en plus tôt, en raison du réchauffement de la saison automnale. Le décalage de la transition se fait "à un rythme d’environ un quart de jour par an depuis une quinzaine d’années", selon Philippe Ciais (Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement), coauteur de l’étude.

"Ce n’est pas un résultat très intuitif, poursuit le chercheur. En effet, lorsque les automnes sont chauds, les feuilles demeurent vertes plus longtemps et on aurait pu penser que la photosynthèse, renforcée, ait ainsi pu prendre plus longtemps le pas sur la décomposition de la matière organique." Ce n’est donc pas le cas.

Pour parvenir à ces résultats, les scientifiques ont utilisé les mesures des oscillations saisonnières de la concentration atmosphérique globale de CO2 dans l’hémisphère Nord sur une période de quinze années. Ils ont corrélé ces mesures à celles d’une vingtaine de "tours de flux", qui permettent d’estimer les échanges de gaz entre les forêts et l’atmosphère.

Selon Philippe Ciais, "le réchauffement d’automne étant plus marqué en Amérique du Nord qu’en Eurasie, on peut spéculer que d’ici une dizaine d’années, les régions nord-américaines seront parmi les plus vulnérables à des pertes de CO2".

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