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Un article de Nathalie Brafman et Pascal Galinier paru dans Le Monde du 3 septembre 2005

Le recrutement des cadres s’accélère dans le secteur privé

samedi 3 septembre 2005 par Pascal Galinier, Nathalie Brafman

a rentrée se présente bien. Elle nous confirme la tendance positive du marché de l’emploi des cadres dans les entreprises du secteur privé que l’on avait vu apparaître il y a quelques mois. Tous les indicateurs qui étaient au rouge en 2004 sont désormais au vert", se félicite Jean-Pierre Fine, secrétaire général de l’Agence pour l’emploi des cadres (APEC).

Selon les chiffres de l’APEC, en cumul sur douze mois, la progression des offres d’emploi de cadres était de 27 % en juillet. Elle se situait à 29 % en juin. Soit, au total, 176 850 offres d’emploi publiées d’août 2004 à juillet 2005. Et le nombre moyen de candidatures par offre n’a cessé de diminuer. "En 2004, les offres d’emploi ont généré chacune 75 candidatures, et six offres sur dix concernent une création de poste", indique la note de conjoncture de l’APEC de juillet. "42 % des entreprises prévoient de recruter au moins un cadre, contre 39 % un an auparavant", se félicite l’association.

"Contrairement à l’année dernière, nous ne connaissons plus de fonction à la baisse", indique M. Fine : + 15 % dans les services techniques, + 11 % dans la gestion administrative, + 6 % dans la communication... Mais la forte croissance du recrutement des entreprises provient des fonctions informatiques (+ 52 %) et de la recherche et du développement (+ 31 %). Ces deux domaines comptent respectivement 27 % et 12 % des offres d’emploi de cadres et ingénieurs, les fonctions commerciales et de marketing représentant pour leur part 21 % du total.

Les besoins en finances et comptabilité (+ 29 %) ou en ressources humaines (+ 20 %) sont aussi patents. En revanche, les fonctions de communication et création artistique (+ 6 %) ou de santé, social, culture (0 %) n’ont plus le vent en poupe.

Certains secteurs en pleine recomposition en Europe, comme la banque, affichent leurs besoins. La Société générale va recruter au total 4 000 personnes en France en 2005 dont 1 750 cadres. En 2004, le groupe bancaire en avait embauché 1 400 (sur un total d’embauches de 3 200 personnes).

La forte reprise des offres dans la recherche et le développement "est un signe très important, estime M. Fine. Cela nous fait dire que 2005 sera en hausse et 2006 aussi. On table sur 15 000 recrutements, et progressivement nous atteindrons les 20 000". Entre 2003 et 2004, le niveau de recrutement dans cette fonction était tombé à moins de 10 000, avant de frémir légèrement, à 11 000, en 2004. Au tournant des années 2000, avant l’éclatement de la bulle technologique, jusqu’à 30 000 ingénieurs et cadres étaient recrutés chaque année pour des fonctions de recherche.

Le regain d’intérêt pour ces fonctions en "amont", couplé à la bonne tenue des offres d’emploi en "aval", pour des postes technico-commerciaux (+ 30 %) ou de vente (+ 26 %), montrent que les entreprises recommencent à préparer l’avenir.

Dans le groupe automobile PSA Peugeot-Citroën, qui recrute entre 1 000 et 1 200 cadres par an, on confirme cet engouement pour les ingénieurs d’études mais aussi d’industrialisation. "Ces postes représentent 60 % de nos recrutements de cadres", explique une porte-parole.

Selon l’APEC, en 2004, les jeunes diplômés ayant moins d’un an d’expérience représentaient 20 % des embauches. Chez PSA, ils représentaient "jusqu’à 70 % des recrutements de cadres" ces dernières années. Mais le groupe cherche désormais à s’attacher des cadres plus expérimentés, quadra voire quinquagénaires, "pour des fonctions de management et d’expertise". Ces profils représenteront un recrutement sur deux cette année.

Au final, l’APEC, qui tablait sur une fourchette comprise entre 143 000 et 155 000 cadres recrutés en 2005, maintient ses prévisions. Mieux, elle prévoit désormais que les entreprises seront dans le haut de la fourchette. "Un niveau qui nous rapproche des meilleures années 1998 et 1999, sachant qu’en 2001, 190 000 cadres avaient été recrutés et qu’en 1993 -année de récession économique- , ce chiffre était tombé à 70 000", souligne M. Fine.

Reste que les premiers motifs de recrutement sont plutôt à chercher du côté du remplacement des départs, notamment en retraite (c’est le cas pour sept entreprises sur dix, selon l’APEC). Les perspectives d’activité sont mises en avant par un peu plus de la moitié des entreprises et le besoin de nouvelles compétences par quatre entreprises sur dix.

A l’Union générale des ingénieurs, cadres, techniciens CGT (Ugict-CGT), le secrétaire général, Eric Thouzeau, estime qu’il n’y a pas pour l’instant de signes tangibles d’une vraie reprise. "Quel est le contenu de ces emplois ?" s’interroge-t-il. Rappelant que les 2,5 millions d’entreprises françaises de moins de 20 salariés emploient 1 million de cadres, l’Ugict se dit très inquiète de "l’utilisation qui sera faite du contrat nouvelle embauche (CNE)", créé par le gouvernement cet été, et qui pourrait "se généraliser comme moyen d’une première embauche dans les entreprises" pour les jeunes diplômés.

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