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Article de Georges Quioc publié dans le Figaro le 10 octobre 2006

Le russe Gazprom exploitera seul Chtokman

mardi 10 octobre 2006 par Georges Quioc
ÉNERGIE Nouveau coup dur en [Russie-> mot pour les majors occidentales. Le monopole public Gazprom a annoncé hier qu’il exploiterait seul le plus grand gisement de gaz du monde. Résultat, Total risque d’en être exclu.

ET DE TROIS ! Après les menaces d’annulation des licences d’exploitation des compagnies étrangères sur les mégagisements de Sakhaline 2 et de Kovykta, c’est à présent celui de Chtokman qui risque de passer au nez et à la barbe des multinationales occidentales des hydrocarbures. « Gazprom a décidé que le développement se ferait sans participation internationale. Et Gazprom en possédera 100 % », a annoncé sans prévenir le PDG de Gazprom Alexeï Miller sur la chaîne de télévision russe Russia Today.

La Russie avait présélectionné cinq compagnies pour l’exploitation de ce champ d’exception situé à 600 kilomètres au nord de Mourmansk en mer de Barents : les norvégiens Statoil et Norsk Hydro, les américains ConocoPhillips et ChevronTexaco ainsi que le français Total. Les porte-parole des deux groupes norvégiens ont indiqué hier ne pas être au courant d’une telle décision.

Gazprom, qui devait se réserver 51 % du projet, devait dévoiler le choix de ses partenaires avant fin avril. La date avait été reportée à fin mai, puis à une date indéterminée.

Si cette nouvelle se confirmait, la déconvenue serait considérable pour les majors. Les réserves de ce gisement sont estimées à 3 680 milliards de mètres cubes, ce qui en fait le plus grand gisement de gaz au monde. Mais ses conditions d’exploitation supposaient des investissements de 12 à 14 milliards de dollars ! Le gisement est dans une zone de tempêtes traversée par des icebergs. De plus le gaz devait être liquéfié avant d’être transporté par tankers vers les États-Unis. Ces premières livraisons vers l’Amérique étaient attendues fin 2011 ou début 2012.

Les raisons « stratégiques » de Gazprom Le projet était « exceptionnel sur le plan technologique, tant pour l’extraction que pour la logistique et la transformation », avait expliqué le ministre russe de l’Industrie et de l’Énergie Viktor Khrislenko pour justifier le retard dans son lancement. En fait, le patron de Gazprom vient de donner une explication plus stratégique. L’Europe est l’objectif « numéro un » pour Gazprom a insisté Alexeï Miller.

La déception est donc importante pour les Etats-Unis dont la demande de gaz importé va connaître une forte croissance dans les prochaines décennies. Quant aux compagnies étrangères, elles ne seront certes pas définitivement exclues de Russie. Mais elles devront se résigner à exploiter des gisements moyens, financièrement moins rentables, sur les plateaux continentaux en Extrême-Orient et en Sibérie occidentale.

Gazprom, dont la production de gaz stagne alors qu’il va devoir augmenter considérablement ses livraisons à l’Europe dans les prochaines années, espère ainsi remettre en valeur ses vieux gisements.

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