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L’humanité du 31 janvier 2007 | Vincent Defait

Le stockage du CO² Et si on enterrait le réchauffement ?

mercredi 31 janvier 2007 par Vincent Defait
Piéger le dioxyde de carbone à la sortie des installations industrielles, puis le stocker dans le sous-sol, c’est possible. Mais, le procédé coûte cher.

La situation actuelle

Le charbon est présent partout, donc n’induit que peu de problèmes géopolitiques et en plus, il ne coûte pas cher à exploiter. Bref, il redevient compétitif. Et ça n’est pas une bonne nouvelle. Car le fossile, extrait et brûlé pour produire de l’énergie électrique, dégage énormément de dioxyde de carbone (CO²). D’où l’idée de « séquestrer » le gaz avant sa sortie de la centrale, puis de le « stocker » dans le sous-sol. Cette technique est rendue nécessaire par le fait qu’une centrale à charbon émet deux fois plus de carbone par unité d’électricité produite qu’une centrale au gaz naturel. Plusieurs unités de séquestration stockage existent actuellement. Et les ingénieurs assurent que la technique est au point. La Norvège, les États-Unis ainsi que la Grande-Bretagne, le Danemark, les Pays-Bas et la France sont les pays les plus avancés dans le domaine du stockage.

Les perspectives

Dans le monde, le parc des centrales à charbon représente plus du tiers des émissions de CO², principal gaz à effet de serre. Le capter et le stocker revient à diminuer d’autant sa présence dans l’atmosphère. Une bonne opération, donc. L’idée fait son chemin et commence même à passer du papier au terrain. Le Japon projette ainsi d’enterrer 200 millions de tonnes de carbone à l’horizon 2020 [1] . Même Total expérimente un tel projet dans le Sud-Ouest de la France. Les pouvoirs publics ne sont pas en reste dans l’Hexagone, puisque le club CO², sous l’égide de l’ADEME, orchestre bon nom- bre de recherches sur le sujet. À l’échelle européenne, le projet Castor vise à capter puis à stocker 10 % des émissions de l’Union, soit près du tiers des émissions des grosses installations industrielles, principalement les centrales thermiques de production d’électricité.

Pour stocker le CO², les aquifères profonds ont la préférence des ingénieurs. Il s’agit de poches d’eau saumâtre dans des roches poreuses. À l’échelle de l’Europe, on estime qu’il est possible de stocker ainsi 800 milliards de tonnes de CO². Au niveau mondial, ces réserves seraient de 10 000 milliards de tonnes. À cela s’ajoutent les gisements de pétrole et de gaz épuisés.

Les limites

La technologie n’a pas encore atteint sa maturation industrielle. Et le coût élevé de la séquestration freine les investissements. Il s’agit aussi de définir un statut juridique aux stocks : qui les gère ? Qui en est légalement responsable ? Aucune réglementation n’existe .

Il faudra aussi s’affranchir de certaines contraintes géologiques. Une petite fuite du gaz ne fera qu’annuler les efforts entrepris. Mais, relâché en grande quantité, le CO² peut devenir dangereux pour la population. Reste aussi que ce qui est possible pour une centrale thermique ne le sera sans doute jamais pour une voiture.

Enfin, il ne faudrait pas que cette voie technologique induise l’idée que, dès lors qu’on maîtrise les émissions de CO², il n’y a plus de raison de les réduire.

[1] Peut-on enterrer le réchauffement climatique ? Robert Socolow, in « Pour la science », janvier-mars 2007, 6,90 euros.

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