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Un article de Feryel Gadhoum. et Jacques-Olivier Martin. paru dans Le Figaro du 22 mars 2006

Le suspense reste entier sur les intentions d’Enel

mercredi 22 mars 2006 par Feryel Gadhoum, Jacques-Olivier Martin
La présentation demain du plan stratégique d’Enel pourrait être l’occasion pour le groupe italien de donner plus de précisions sur ses intentions concernant Suez.

IRA, ira pas ? Chaque événement et chaque déclaration concernant Suez, Enel et Gaz de France sont guettés de près depuis plusieurs jours. Chacun voulant détecter un signe laissant entendre que l’opérateur énergétique italien pourrait lancer son OPA sur le groupe dirigé par Gérard Mestrallet.

C’est ainsi qu’hier en fin d’après-midi, Fulvio Conti, patron d’Enel, est allé défendre sa cause auprès de Neelie Kroes, le commissaire européen à la Concurrence qui sera chargé d’instruire le dossier de la fusion Suez-Gaz de France dans quelques semaines. Il a notamment contesté les conditions dans lesquelles le gouvernement français a organisé l’opération Suez-GDF, estimant qu’elles constituaient un obstacle à la libre circulation des capitaux. Il a demandé également à la commission quelles « garanties » celle-ci entend donner afin d’éviter que les États membres bloquent des opérations de fusions transfrontalières.

Les paris restent ouverts

Dans la matinée, Suez avait indiqué que les négociations « indirectes » avec Enel avaient été « stoppées ». De sources proches du dossier, elles ont achoppé sur le sort d’Electrabel. Enel ne veut mettre la main que sur cette filiale de Suez. Ce dernier ne compte pas y renoncer.

Autre moment très attendu, la présentation à Londres, demain devant la presse et la communauté financière, des résultats annuels d’Enel et de son plan stratégique à cinq ans. Fulvio Conti devra alors défendre ses options en matière de croissance externe. Depuis plus d’un an, le nouveau patron répète que le groupe énergétique italien veut renforcer ses positions en Europe. Il y sera beaucoup question de Suez et des négociations engagées avec les protagonistes (Etats français, belge, Suez et Gaz de France, la Commission européenne) sur les éventuelles contreparties qui pourraient freiner les ardeurs d’Enel. Toutes les hypothèses sont envisagées. Il n’est pas exclu que Fulvio Conti annonce le lancement d’une OPA hostile sur le groupe franco-belge. Le groupe italien tient du reste un conseil d’administration ce soir.

Les paris restent ouverts, même si d’autres signaux relativisent l’imminence d’un assaut. Les marchés semblent sceptiques. Le titre Suez, bien qu’en hausse hier, était en recul de plus de 2,46% sur les cinq dernières séances. Un proche du dossier jugeait de son côté qu’Enel n’a pas forcément intérêt à se lancer si vite dans une OPA coûteuse et difficile alors que le groupe dispose de plusieurs mois pour négocier. En Italie, les avis deviennent plus nuancés. le ministre de l’Industrie, Claudio Scajola, parle de « quelques jours de réflexion ». De son côté, Enrico Letta, responsable économique du parti La Margherita, estime qu’il ne faudrait pas qu’Enel tente une OPA hostile au vu de la position du gouvernement français.

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