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Michel Delberghe | Le Monde le 25.12.2007

Le système de garde des médecins s’arrête à minuit

mercredi 26 décembre 2007 par Michel Delberghe

Ils l’ont proclamé calmement mais fermement à la ministre de la santé, Roselyne Bachelot lors de l’université d’été de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), dimanche 23 septembre à Cannes (Alpes-Maritimes). "Nous en avons assez d’être désignés à la vindicte générale : il n’y a pas de désengagement des médecins libéraux - dans l’organisation de la permanence des soins. Il suffit de leur donner les moyens de faire leur boulot", lui a asséné Michel Chassang, président de la principale organisation de praticiens, généralistes et spécialistes.

Après la publication, fin août, du rapport de Jean-Yves Grall qui stigmatisait "un dispositif d’accès aléatoire, instable et fragile", les libéraux, pointés du doigt, recommencent à traîner les pieds. Après la Mayenne, ceux d’Eure-et-Loir n’assurent plus les gardes du samedi, à partir de 12 heures jusqu’à 20 heures. Le mouvement devrait s’étendre au Poitou-Charentes. La raison du conflit reste financière. Les médecins demandent l’extension de la "prime" d’astreinte de 150 euros pour cette période supplémentaire. Le système a déjà coûté 65 millions d’euros à l’assurance-maladie depuis 2004.

Les généralistes semblent convaincus par la permanence de soins instaurée depuis 2003, qui fonctionne, dans la majorité des cas, de 20 heures à minuit, les samedis, dimanches et jours fériés à partir de maisons médicales, intégrées ou non à l’hôpital. "Un médecin sur deux y participe, soit une augmentation de 26 % depuis deux ans", assure la CSMF.

Généraliste à Mayenne, Luc Duquesnel, 50 ans, reconnaît qu’il a fallu trois ans de négociations plutôt ardues pour arriver, en 2006, à recueillir l’adhésion de 198 volontaires sur les 200 généralistes d’un département rural menacé par l’absence de remplacement de nombreux départs. "95 % des appels relèvent du conseil téléphonique et 9 visites inutiles sur 10 ont ainsi été supprimées", note-t-il.

PROTESTATION

En Eure-et-Loir, "des médecins ont repris le chemin des gardes parce que la fréquence a été diminuée et la pénibilité réduite", relève Gérard Galliot, 55 ans, généraliste à Saint-Piat. "Le système fonctionne d’autant mieux dans les départements en crise avec une démographie médicale en chute libre", souligne de son côté Dominique Engalenc, à Bourges (Cher).

Les difficultés sont loin d’être totalement résolues. De minuit à 8 heures du matin, les libéraux passent le relais aux services d’urgence des hôpitaux. Ou à SOS-Médecins, comme à Argenteuil (Val-d’Oise) où, pour des raisons de sécurité, les généralistes ont renoncé à se déplacer la nuit. Les changements de pratique et de comportement sont aussi mis en cause. La profession vieillit et se féminise et, explique-t-on, accepte de moins et moins les contraintes nocturnes. Les relations avec l’hôpital ne sont pas des plus aisées. Plutôt favorable à une coordination sous la responsabilité des services d’urgence, le rapport Grall a soulevé un tollé de protestation chez les libéraux. Autant que la menace de restrictions à l’installation des jeunes dans les zones surmédicalisées avancée par le chef de l’Etat le 18 septembre.

A Cannes, Mme Bachelot a tenté de déminer le terrain. Pour la permanence de soins, elle a promis un contrat de volontariat assorti d’une rémunération des astreintes. Elle a renvoyé à la négociation la répartition par spécialités et par régions.

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