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Un article de Jean-Pierre Stroobants paru dans Le Monde le 11 mars 2006

Les Belges posent leurs conditions à la fusion GDF-Suez

samedi 11 mars 2006 par Jean-Pierre Stroobants

Le premier ministre belge a rencontré, jeudi 9 mars, Jean-François Cirelli et Gérard Mestrallet, les patrons de Gaz de France (GDF) et de Suez. Le Belge Jean-Pierre Hansen, numéro deux de Suez, avait été convié au dîner offert par Guy Verhofstadt en présence de ses principaux ministres. Etienne Davignon, administrateur de Suez et ancien patron de la Générale de Belgique, était lui aussi présent.

Le gouvernement belge plaide pour que Bruxelles reste "un centre de décision" du groupe fusionné, comme l’avait promis Suez en 2005 en prenant le contrôle complet de sa filiale Electrabel.

Il réclame aussi le développement du terminal gazier de Zeebruges, qui pourrait être concurrencé avec les installations portuaires françaises de GDF.

Les autorités belges redoutent les effets d’une concentration, à laquelle elles ne sont pas hostiles par principe, mais qui aboutirait à ce que plus de 90 % du marché national de l’électricité et du gaz soient détenus par le nouveau groupe.

M. Verhofstadt plaide, dès lors, pour que Suez et GDF se séparent d’une partie de leurs activités en Belgique afin de préserver la concurrence et une politique de prix qui ne soit pas néfaste au consommateur.

Avant la réunion, M. Mestrallet avait indiqué, en présentant les résultats de son groupe à Paris, qu’il était prêt à discuter du problème de la concurrence et qu’il respecterait les engagements pris, notamment sur les investissements. Le groupe a déjà cédé trois de ses sites belges de production.

"La fusion est une bonne opération, à condition qu’elle soit assortie de mesures permettant de renforcer la concurrence sur notre marché", a répété, après le dîner, le ministre des finances, Didier Reynders.

Le ministre libéral a décrit comme "une obligation" la sortie de GDF de la Société de production électrique (SPE), seule concurrente d’Electrabel. GDF possède 25 % du capital de cette entreprise.

Les participants ont décidé de créer des groupes de travail pour étudier l’impact de la fusion en matière de concurrence et de prix.

Les différentes autorités du royaume estiment posséder un atout de taille : faute d’un geste de GDF-Suez, le projet de fusion serait très probablement, pensent-elles, désavoué par les autorités européennes. Du moins dans sa dimension belge.

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