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Article de Lucy Bateman. Publié dans L’Humanité le 11 octobre 2006

Les Modeluxe toujours en grève

mercredi 11 octobre 2006 par Lucy Bateman

L’entrée de la bourse du travail de Massy débordait hier de tout ce que les 22 sans-papiers de la blanchisserie Modeluxe de Chilly-Mazarin comptent de soutiens. L’union locale CGT avait battu le rappel des troupes pour faire témoigner ces ouvriers en situation irrégulière. Leurs collègues ont mené la semaine dernière une grève de solidarité pour obtenir leur régularisation. Ils ont repris le travail lundi, et obtenu le paiement de trois jours de grève. Aujourd’hui, les sans-papiers poursuivent le mouvement, loin de l’usine et sous protection militante. Ils restent sous la menace d’un licenciement pour avoir présenté de faux papiers lors de leur embauche, malgré les négociations menées depuis deux ans par la CGT avec la préfecture pour normaliser leur situation. La tension est montée jeudi dernier, quand la police est intervenue dans l’usine lors de la reprise du travail. La CGT craint des arrestations depuis que la préfecture a annoncé qu’elle ne régulariserait que quatre d’entre eux.

Dans le public, Claire Villiers, conseillère régionale d’Île de France, Marie-George Buffet, Olivier Besancenot, Mouloud Aounit, le secrétaire général du MRAP, de nombreux élus communistes et socialistes, et des militants de [la CGT-< auteur 26], de AC !, « Il faut casser l’idée que la direction ne savait pas qu’elle employait des sans-papiers », insiste Raymond Chauveau, responsable de l’UL CGT. Officiellement, elle est au courant depuis le 13 décembre 2004. Modeluxe affirme qu’avant cette date, elle a été abusée par les faux papiers présentés par les salariés. « Donc, on est dans une entreprise qui, au 13 décembre 2004, emploie 42 sans-papiers, soit un quart de l’effectif, et qui ne le sait pas ? », ironise le cégétiste. Pour la quinzaine d’ouvriers présents hier à la bourse du travail, la direction et la préfecture ne pouvaient l’ignorer. L’un d’eux affirme que tous les sans-papiers étaient cantonnés aux horaires les plus durs, et accumulaient les heures supplémentaires non payées. Un autre rapporte une discussion avec un cadre en 2003 sur la présence de sans-papiers dans l’usine. « Quand on demande à un salarié de ne pas ramener sa carte de séjour parce qu’on la sait fausse, mais sa déclaration d’impôts et son passeport pour avoir une photo, les choses sont claires », avance un ouvrier. Contactée hier par l’Humanité, la direction de Modeluxe a refusé de réagir à ces mises en cause.

« C’est un cas d’école sur l’exploitation », a estimé Marie-George Buffet, qui a annoncé son intention d’interpeller à l’Assemblée le ministre de l’Intérieur, sur le sort de ces ouvriers. « Le patron savait, le préfet connaissait leur situation, et leur exploitation a continué dans le silence des autorités. C’est un droit pour eux d’être régularisés ».

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