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Article de Thomas Lemahieu paru dans L’Humanité du 14 novembre 2006

Les « Thomé-Génot » s’impatientent

mercredi 15 novembre 2006 par Thomas Le mahieu
Ardennes . Après un « énième round d’observation » à la préfecture, les négociations doivent véritablement commencer ce mardi matin.

Reposés peut-être, calmés sans doute, déterminés toujours ! Les 320 salariés des Ateliers Thomé-Génot ont mis le week-end à profit pour décompresser et voir la famille un peu délaissée depuis le début de la lutte, il y a trois semaines. Et ils sont revenus en rangs compacts, ressoudés après les crises de nerfs de vendredi soir (lire l’Humanité d’hier). Hier matin, à la préfecture des Ardennes, à Charleville-Mézières, une première rencontre de deux heures a réuni Denise Bernollin-Bois, la médiatrice désignée par le gouvernement vendredi dernier, et les représentants de l’intersyndicale CFDT-CGT-FO-CGC. À la sortie, vers 11 h 30, en attendant le mégaphone oublié dans le coffre d’une voiture, un des délégués syndicaux fait un signe d’encouragement : « C’est plutôt bien parti », glisse-t-il à la foule qui tente de décrypter les moues mi-figue mi-raisin. « Aujourd’hui, on a juste fait les présentations, rapporte Larry Séré, porte-parole CFDT de l’intersyndicale. La médiatrice s’est contentée de nous lire les documents qui émanent du gouvernement. Je ne sais pas si elle nous prend pour des ânes parce qu’on est des Ardennais, mais elle a essayé de nous expliquer ce qu’on avait parfaitement compris nous-mêmes. Dans ces conditions, on doit être très nombreux pour l’ouverture véritable des discussions dès mardi. On va continuer d’exiger, avant toute autre chose, notre prime supra-légale de 30 000 euros et, à partir de maintenant, on attend des réponses à nos questions. C’est sérieux... » À la fin de l’intervention, les ouvriers se regardent, interloqués : « C’est ça, "c’est bien parti" ? C’est bien parti, mais il n’y a rien de fait ! » Pour le moment, les « Thomé-Génot » prennent le parti d’attendre, encore et encore. Ils se retrouveront ce matin, dès 7 heures, devant la préfecture.

il faut que ça avance

De retour à l’usine, un des participants ne se montre guère rassuré sur l’issue des « négociations ». « On a le sentiment d’en être à un énième round d’observation avec un énième interlocuteur, après la préfète et les ministres... Mais maintenant, il faut que ça avance, et vite, sinon ça risque de mal se passer avec les salariés. » Délégué FO, Éric Claus confirme : « Ils veulent encore nous jauger, voir ce qu’on a dans le ventre, mais cela fait trois semaines qu’on ne se laisse pas faire. Une fois qu’on aura nos 30 000 euros, on pourra parler du contrat de transition professionnelle s’ils veulent, mais pas avant... Ils devraient finir par le comprendre. »

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