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Philippe Bernard | Le Monde du 10.07.07.

Les Touaregs du Niger revendiquent le partage des bénéfices de l’uranium

mardi 10 juillet 2007 par Philippe Bernard
Dix ans après la signature d’accords de paix, une nouvelle rébellion touarègue se développe dans le nord uranifère du Niger. L’enlèvement, vendredi 6 juillet, d’un cadre chinois travaillant pour une société prospectant ce minerai dans la région d’Ingall, à 1 000 km de la capitale, Niamey, dans la région d’Agadez, semble marquer un tournant "à la nigériane" de la révolte des Touaregs.

Comme au Nigeria pour le pétrole, la revendication d’une utilisation locale des bénéfices de l’exploitation de l’uranium et de l’embauche des populations est mise en avant. Comme au Nigeria, le contraste entre les richesses du sous-sol et la profonde misère ambiante alimente la révolte contre un lointain pouvoir central accusé d’accaparement.

Le mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) qui a revendiqué l’enlèvement de Zhang Guohua, dirigeant de la China Nuclear Engineering and Construction Corporation (CNEC), a affirmé qu’il n’exigeait aucune rançon.

Le MNJ a présenté le rapt comme un avertissement envers une société n’investissant pas dans les infrastructures de base mais contribuant à l’achat d’armes destinées à la répression de la rébellion par le gouvernement. Samedi, le mouvement a demandé "à tous les pays ayant des expatriés dans la zone de conflit (...) pour l’exploration et l’exploitation des ressources minières et non des projets de développement, de leur ordonner de partir (...) pour leur sécurité".

Depuis février, le MNJ a multiplié les attaques. Après plusieurs accrochages avec l’armée nigérienne, un camp d’exploration d’uranium du groupe nucléaire français Areva, à 85 km de la ville minière d’Arlit, a été, le 19 avril, la cible d’assaillants qui se sont emparés de véhicules et de téléphones portables. Début juillet, le même scénario s’est reproduit dans une base de la Satom, une société française filiale de Vinci, spécialisée dans la construction de routes.

RISQUE D’ESCALADE

A Paris, on juge "préoccupante" cette situation, tout en affichant la volonté de "ne pas se mêler de ce qui ne nous regarde pas" afin d’éviter une instrumentalisation de la présence de sociétés françaises.

Face au risque d’escalade de la violence, les partis politiques nigériens ont appelé, vendredi 6 juillet à l’ouverture d’une négociation, reconnaissant ainsi l’existence du MNJ que le président nigérien Mamadou Tandja continue de qualifier de "groupe de bandits armés". En 2006, une loi allouant 15 % des bénéfices des sociétés minières aux collectivités territoriales concernées a été adoptée à Niamey. Les rebelles, eux, exigent que 50 % des profits soient injectés dans des projets de développement.

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