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Un article de Aliette de Broqua paru dans Le Figaro du 26 juin 2006

Les bennes à ordures au point mort à Marseille

lundi 26 juin 2006 par Aliette de Broqua
La grève des conducteurs paralyse le ramassage des poubelles. Un conflit sur fond de surenchère syndicale.

MARSEILLE la rebelle s’est de nouveau réveillée. Après les grandes grèves de l’automne à la SNCM, au Port autonome et à la RTM, c’est le service du ramassage des ordures de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM) qui a pris feu. Motif : une réorganisation du travail avec un test de suppression de la collecte du dimanche dans un arrondissement. « Cela fait des mois que l’on demande de vraies négociations et il faut quatre jours de grève pour qu’on nous reçoive », explique Roger Aymard, secrétaire général de SDU 13-FSU, en grève au côté de la CGT. Les représentants de ce syndicat ont été reçus vendredi par la direction de MPM. Leurs principales revendications : augmentation de la prime de propreté, mise en place d’un règlement intérieur « pour stopper le clientélisme », consultation du personnel sur les conséquences pratiques avant toute extension de la suppression de la collecte dominicale et embauche de CDD. Mais les réponses de MPM ne les ont pas satisfaits. Le mouvement, qui est le fait des seuls conducteurs de bennes (300 personnes environ sur 1 200 agents), a été reconduit dès vendredi soir. « Nous n’avons rencontré personne de la communauté urbaine ce week-end, expliquait hier Pierre Godard, secrétaire général adjoint de SDU 13-FSU. Lundi, se tient un conseil de la Communauté urbaine. Nous souhaitons qu’il soit mis à profit pour trouver une porte de sortie à la discussion. »

« Nous sommes une des rares villes de France où on enlève les ordures sept jours sur sept et, dans certains quartiers du centre-ville, il y a jusqu’à cinq passages par jour, mais la ville est toujours aussi sale !, s’énerve Jean-Claude Gaudin, le maire de la cité phocéenne et président de MPM. Nous ne voulons pas remettre en cause les avantages acquis. Nous voulons seulement que la ville soit plus propre et, pour cela, réorganiser le service en enlevant des gens à la collecte pour les mettre au nettoiement. »

« On se croirait aux 24 Heures du Mans »

Et l’élu de prévenir : « On nous demande sans cesse des efforts, mais les chauffeurs en grève travaillent 25 heures par semaine en moyenne. Qu’ils travaillent un peu plus pour les Marseillais et je le leur rendrai. » Les conducteurs de bennes bénéficient d’un régime de faveur appelé le « fini-parti » qui leur permet de rentrer chez eux dès que la tournée est terminée, autant dire que, parfois, « on se croirait aux 24 Heures du Mans », ironise Jean-Claude Gaudin. Mais le problème est que cette règle ne s’applique pas pour les agents du nettoiement.

En outre, la ville est le bastion traditionnel de FO depuis que Gaston Defferre a fait de ce syndicat son interlocuteur privilégié pour rompre la suprématie de la CGT à Marseille. Jean-Claude Gaudin ayant reconduit le système, les autres syndicats en sont réduits à faire de la surenchère pour exister. Dans ce conflit, FO s’est d’ailleurs désolidarisée de SDU 13-FSU qui revendique la plus grande représentation à la Direction de la propreté de la ville.


Les dernières grandes grèves 26 juin 2006, (Rubrique Entreprises)

Société nationale maritime Corse méditerranée (SNCM) : 20 septembre- 13 octobre 2005.

Port autonome de Marseille : 27 septembre-11 octobre 2005.

Régie des transports marseillais (RTM) : 4 octobre-24 novembre 2005.

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