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Article de Rémi Barroux paru dans Le Monde du 27 juin 2006

Les conflits du travail ont été plus nombreux en 2005

mardi 27 juin 2006 par Rémi Barroux
Comme en 2004, les salaires sont restés le principal thème des négociations collectives lors de l’année 2005. Mais, le bilan tiré par les services du ministère de l’emploi et présenté, lundi 26 juin, par le ministre délégué Gérard Larcher à l’occasion de la commission nationale de la négociation collective, fait état aussi d’une hausse importante de la conflictualité l’an dernier.

Dans un rapport de 662 pages, intitulé "la négociation collective en 2005", la direction des relations du travail (DRT) note une augmentation de 16 % du nombre de journées de grève. L’inspection du travail a recensé en 2005 quelque 224000 "journées individuelles non travaillées" (JINT). Soit un chiffre égal à 2003, une année marquée par le long conflit contre la réforme des retraites conçue par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. L’étude n’intègre que les conflits et les journées de grève dans le secteur privé, à l’exception du domaine agricole, des transports et du public, ces derniers secteurs étant pourtant marqués par une conflictualité souvent forte.

GRÈVES EN AUGMENTATION

Les conflits collectifs sont aussi en hausse (+ 5 %). Pour 73 % d’entre eux, ils ont pris la forme d’arrêts continus de travail et de débrayages pour les 27 % restant. La part de ces grèves "continues" augmentent depuis plusieurs années : elle était de 19 % il y a deux ans. Le ministère observe que si les autres formes de lutte sont restées marginales (grèves tournantes, de la faim...), les conflits se sont accompagnés dans 47 % des cas d’autres phénomènes tels que des manifestations. Ces conflits touchent avant tout les établissements de plus de 500 salariés, où la présence syndicale est plus systématique.

La question salariale reste le principal sujet de mobilisation. Plusieurs journées nationales de mobilisation en 2005 ont porté sur ce thème. Autre signe : si la CGT et FO font traditionnellement des salaires et du pouvoir d’achat un motif de contestation, la CFDT a remis cette question au coeur de ses revendications lors de son congrès.

Ainsi, en 2005, la question salariale a motivé 45 % des conflits ; les conditions de travail, 19 % ; la défense de l’emploi, 20 %, en baisse de 5 % par rapport à 2004. Les questions salariales et les conditions de travail sont plus fréquemment évoquées dans le commerce et la grande distribution, alors que l’emploi reste la préoccupation première dans l’industrie.

Mais si la conflictualité augmente, le ministère note que le nombre de salariés participant aux conflits est, lui, en baisse. 25 % en 2005 contre 32 % en 2004.

L’étude relève enfin une hausse importante du nombre des conflits dont l’origine est "plurisyndicale" : 45 % d’entre eux, soit dix points de plus que l’année précédente. La CGT reste, de loin, le syndicat le plus souvent à l’origine des conflits. La CFDT reste la plus impliquée dans la négociation, cette dernière ayant signé 59,6 % des accords conclu en 2005, la CGT 52,7 %, FO 41,4 %, la CGC 34,5 % et la CFTC 30,5 %.


Baisse de la participation des salariés aux conflits sociaux

En corollaire, le bilan établi par le ministère de l’emploi montre une baisse de la participation des salariés aux conflits, avec un taux de 25 % en 2005 contre 32 % en 2004. Les revendications salariales, plus souvent catégorielles, n’impliquent qu’un quart des salariés en moyenne.

En 2005, les grèves ont "moins souvent pour origine des revendications liées à l’emploi", note le document. "Or la participation des salariés à un conflit est la plus forte lorsque l’emploi est en jeu." En termes de participation aux conflits, le premier thème est l’emploi (33 %), devant le temps de travail (25 %).

L’année 2005 a en outre vu le renforcement des conflits déclenchés par plusieurs syndicats. Ceux-ci représentent 45 % des initiatives, soit six points de plus qu’en 2004. Ce constat confirme le recul des actions monosyndicales observé depuis 2003, un phénomène qui concerne l’ensemble des organisations.

"La nette prédominance de la CGT se renforce encore", selon le bilan. "Qu’elle soit seule ou non, elle participe à presque sept actions sur dix, loin devant la CFDT et FO, qui prennent respectivement part à 35 % et 24 % des conflits." Pour la première fois depuis 2002, la part des arrêts de travail décidés spontanément par des salariés, sans l’intervention d’un syndicat, a baissé : elle s’inscrit à 10 % en 2005 contre 13 % en 2004.

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