Liste des auteurs

Bertrand Bissuel | Le Monde du 30.04.08.

Les conflits pour les salaires se multiplient chez Coca-Cola

mercredi 30 avril 2008 par Bertrand Bissuel
Chez Coca-Cola, les conflits sociaux bourgeonnent depuis la fin mars. En moins d’un mois, quatre sites ont été - ou sont encore - touchés par des arrêts de travail. Les salaires sont au coeur du mécontentement.

Lundi 28 avril, le piquet de grève dressé à l’entrée de l’usine de Grigny (Essonne) a été évacué "par une dizaine de cadres" de l’établissement, selon Hamid Benahmed, délégué syndical central CGT. "Ils ont utilisé un chariot élévateur pour retirer les palettes et les bidons que nous avions installés", ajoute-t-il. Des lettres de convocation en vue d’un entretien préalable à un licenciement ont été remises à plusieurs salariés du site.

Lundi, toujours, la justice a ordonné la fin du blocage d’un des accès de l’usine de Socx (Nord). Une large partie des personnels restait mobilisée, mardi matin, d’après le porte-parole de l’intersyndicale, Fabrice Vangrevenynghe. Lancée le 17 avril, la grève a été suivie par 210 à 220 salariés de la production, sur environ 240, prétend-il. La direction, elle, estime à environ 40 % en moyenne la proportion de grévistes (calculée sur l’ensemble des effectifs). Enfin, à Clamart (Hauts-de-Seine), les salariés ont cessé leur mouvement, le 25 avril, 48 heures après l’avoir commencé et sans parvenir à un accord salarial - contrairement à ce qui avait été indiqué dans un premier temps (Le Monde daté du 27-28 avril).

Les tensions couvaient depuis plusieurs semaines. Ainsi, le 12 mars, des salariés de Socx avaient débrayé, rapporte M. Vangrevenynghe. Mais le premier conflit durable a éclaté le 30 mars dans l’usine des Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône). Principale revendication : réduire l’écart de rémunération entre la main-d’oeuvre de Coca-Cola basée en province et celle qui est employée en Ile-de-France. Après cinq jours de grève, la direction a accepté de répondre favorablement à la doléance des personnels, considérant que les prix de l’immobilier dans la région avaient fortement progressé "à cause de l’effet TGV Sud-Est". "Nous avons obtenu un surcroît de 80 euros brut par mois dans le salaire de base", déclare Christian Locastro, délégué syndical CGT.

Le fabricant de boissons dit être étonné par cette succession d’arrêts de travail. Il fait notamment valoir que ses propositions formulées dans le cadre des négociations annuelles obligatoires prévoient de majorer les rémunérations de 5 % à 6,5 %. "Les augmentations que nous avons accordées ont toujours été supérieures à l’inflation", rappelle un porte-parole du groupe. D’après lui, les salaires versés aux collaborateurs de Coca-Cola sont supérieurs de 19,2 % au salaire médian, à poste équivalent, sur un bassin d’emploi comptant des grands groupes. "Les hausses dont parle la direction incluent les augmentations au mérite et l’ancienneté", objecte M. Benahmed. M. Vangrevenynghe, lui, explique que les salariés demandent un coup de pouce de 6 % pour tout le monde.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !