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Un article paru sur Lemonde.fr avec Reuters le 25 aout 2005

Les employés de l’usine Nestlé de Saint-Menet obtiennent la reprise de la production sur leur site

jeudi 25 août 2005

Nouveau rebondissement dans le conflit qui oppose les employés de l’usine Nestlé de Saint-Menet (Bouches-du-Rhône) à la direction nationale de Nestlé depuis plus d’un an. Le juge des référés du tribunal de grande instance de Marseille a ordonné, mercredi 24 août, le redémarrage de la production de l’usine.

La longue bataille que livrent les salariés de l’usine de Saint-Menet pour préserver leur emploi et leur outil de travail a commencé le 12 mai 2004, date à laquelle la nouvelle de la fermeture de l’usine est tombée. Le site de Saint-Menet n’était pas suffisamment rentable, selon la direction. La production de Nescafé (5 500 tonnes) à destination de la Russie est stoppée. Les Américains, eux, ne veulent plus le décaféiné français et préfèrent celui du Mexique. La fabrication de 1 800 tonnes de tablettes de chocolat sera transférée à Sansito (Italie) et à Penilla (Espagne). "Les clients portugais et espagnols auraient décidé de ne plus s’approvisionner à Saint-Menet à cause de nos coûts de production non compétitifs", estimait alors Michel Rossi, délégué CFE-CGC au sein de l’usine. Ces transferts de production ont entraîné une baisse de 50 % de la fabrication depuis la fin du mois de décembre (2003), selon les syndicats.

Une entreprise insuffisament rentable, donc. Néanmoins, peu de temps après l’annonce de la fermeture de l’usine, la société Legal, PME normande de cafés torréfiés, entre en contact avec Andréas Schlapfer, PDG du groupe Nestlé en France. Pour lui faire part de l’intérêt de son entreprise pour la reprise de l’usine.

PAS DE NOUVELLE CONCURRENCE

La réponse de Nestlé à cette offre qui pouvait sauver plusieurs centaines d’emplois ne se fait pas attendre. Officiellement pour des raisons liées au calendrier ou à la réglementation... en fait, Nestlé refuse le principe de reprise de l’usine par Legal par crainte d’une nouvelle concurrence.

Le 27 juillet 2004, la CGT obtient un jugement en référé du tribunal de grande instance de Marseille ordonnant la suspension de la fermeture de l’usine. La direction de Nestlé France est contrainte de réunir, "dans un délai d’un mois", le comité central d’entreprise pour justifier sa décision de ne pas donner suite à l’offre de reprise des cafés Legal. Si la CGT considère que "Nestlé France doit ouvrir de nouvelles négociations pour la poursuite de l’activité industrielle et la sauvegarde de l’emploi", la direction maintient sa position : "Créer à Marseille une activité concurrente de notre usine de Dieppe reviendrait à se tirer une balle dans le pied", indique-t-elle. Puis, en mai 2005, le groupe alimentaire suisse annonce que l’usine cessera sa production, le 30 juin. Cette fermeture entraînera 800 suppressions d’emplois indirects, dont celles de 427 salariés. Les salariés ne baissent pas les bras et décident d’occuper le site pour l’empêcher de fermer. Mais le lundi 4 juillet, le tribunal de grande instance de Marseille, saisi en référé par la direction du groupe d’agroalimentaire, ordonne l’évacuation de l’usine. Le juge demande aussi de rétablir le "fonctionnement normal " de l’usine tant que la consultation des salariés n’aura pas été menée à son terme.

ASTREINTE DE 50 000 EUROS PAR JOUR

Suivant la décision de justice, les salariés décident de se présenter à leur poste, mais la direction ne leur fournit pas le travail espéré. Nestlé France estime que le jugement du 4 juillet la contraint seulement à "rétablir le fonctionnement normal du système informatique, la fourniture du gaz, (...) et [à] gérer normalement les matières premières". Elle a remis à la justice "une requête en interprétation" sur le jugement du 4 juillet.

Mercredi 24 août, le juge des référés du tribunal de grande instance de Marseille ordonne le redémarrage de la production de l’usine. Il estime que la condamnation sous astreinte de 50 000 euros par jour de retard ordonnant au géant de l’agroalimentaire de rétablir le fonctionnement normal de l’entreprise visait "l’ensemble des activités du site, y compris la production". Les syndicats n’ont néanmoins pas totalement obtenu gain de cause. Le juge des référés n’a pas donné suite à leur demande de dommages et intérêts.

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