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Article de FRANÇOIS-XAVIER BOURMAUD. Publié dans Le Figaro le 18 novembre 2006

Les faibles créations d’emplois relancent le débat sur la baisse du chômage

samedi 18 novembre 2006 par François-Xavier Bourmaud

SOCIAL L’économie française n’a créé que 14 500 nouveaux emplois au troisième trimestre.

DANS LA foulée de la croissance zéro au troisième trimestre, l’emploi salarié a lui aussi marqué le pas. De juillet à septembre, l’économie n’a créé que 14 500 postes supplémentaires, soit une petite hausse de 0,1 %, selon les chiffres provisoires de l’Insee hier. Au total, depuis le début de l’année, 100 300 emplois ont été créés (+ 9 % sur un an).

Au troisième trimestre, si l’emploi tertiaire et la construction, qui tirent les créations d’emplois à la hausse, poursuivent sur leur lancée avec 31 900 nouveaux postes à eux deux, le rythme s’est toutefois nettement ralenti pour le premier. Le tertiaire n’a ainsi progressé que de 0,2 % sur le trimestre avec 20 700 nouveaux postes. Or, « la construction n’a pas vocation à jouer les pompiers de service pour l’emploi, ce rôle devrait être dévolu au tertiaire », déplore Alexander Law, économiste à l’institut Xerfi. Quant à l’industrie, le secteur ne parvient toujours pas à stopper l’hémorragie. Ses effectifs continuent à fondre inexorablement. Sur un an, l’industrie a ainsi perdu 77 600 postes de travail, soit une baisse de 2 %.

Surpris par les bons chiffres des mois précédents, tant sur la croissance que sur l’emploi salarié, les économistes voient dans la faible performance du troisième trimestre la confirmation de leurs craintes. « Tous les indicateurs sont plutôt mauvais », note Olivier Gasnier, économiste à la Société générale. « Il est probable que les créations d’emplois baissent de régime au cours des prochains mois dans la construction », prévient de son côté Alexander Law.

Par ricochet, les chiffres de l’emploi salarié relancent le débat sur la solidité de la baisse du chômage. « Les statistiques ne permettent pas vraiment d’y voir beaucoup plus clair sur les causes de la baisse du chômage », estime ainsi Nicolas Bouzou chez Asterès. Selon lui, si son taux peut descendre à 8,5 % à la fin de l’année, il devrait par la suite se stabiliser, buttant ainsi sur le plancher structurel que le gouvernement assure pourtant avoir brisé. À quelques mois de la présidentielle, où l’emploi et le chômage occuperont une place de choix, ces chiffres sonnent en tous cas comme un avertissement. Notamment pour le premier ministre dont le passage à Matignon sera surtout jugé à l’aune de ses résultats dans la bataille pour l’emploi.

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