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Un article de Sébastien Martin paru dans Le Figaro du 4 janvier 2005

Les faillites personnelles atteignent des records au Royaume-Uni

mercredi 4 janvier 2006 par Sébastien Martin
CRÉDIT Leur nombre a augmenté de 40% en un an. L’accès plus facile au crédit dégénère en surrendettement.

LES BRITANNIQUES se réveillent avec la gueule de bois financière. Le nombre de faillites personnelles atteint des niveaux jamais égalés, et les fêtes de Noël ont encore accentué le phénomène.

D’après les estimations de Grant Thornton, un cabinet spécialisé dans le redressement de banqueroutes, 66 000 Britanniques étaient en faillite à la fin de l’année, soit un bond de plus de 40% par rapport à 2004. Ce serait le plus haut niveau enregistré. Au premier trimestre, la situation devrait encore empirer : 20 000 personnes pourraient se retrouver en faillite, dont 6 500 directement à cause des dépenses de la période des fêtes.

« De nombreuses personnes financent leurs courses de Noël avec leurs cartes de crédit, explique Michael Gerrard, directeur des faillites personnelles à Grant Thornton. Pour ceux qui avaient déjà des difficultés, cela peut représenter la goutte qui fait déborder le vase. »

A l’association caritative CCCS (Consumer Credit Councelling Service), spécialiste du conseil aux surendettés, janvier est traditionnellement la période la plus active de l’année. « Nous recevons toujours beaucoup d’appels après le Nouvel An, presque deux fois plus de demandes d’aide », témoigne une porte-parole. Cette hausse des banqueroutes personnelles en Grande-Bretagne provient d’un double phénomène : un accès au crédit de plus en plus facile et un changement de mentalité des Britanniques.

Plus de 35 entreprises proposent désormais des cartes de crédit, depuis les institutions financières jusqu’aux supermarchés (Tesco et Marks & Spencer notamment). Sans surprise, les prêteurs se défendent, mettant en avant leur sérieux. « Nous rejetons en moyenne une demande de carte sur deux », note un porte-parole de Barclayscard, qui compte 11 millions de clients. Conscientes également qu’il est facile de jongler entre les cartes de crédit, les institutions financières s’échangent des informations sur leurs clients difficiles. Quatre d’entre elles (Egg, Barclaycard, the Co-operative Bank et Abbey) ont même décidé de s’échanger en plus des informations « positives », y compris sur les « bons » clients. Cela permet de savoir combien celui-ci a retiré d’argent, combien il rembourse chaque mois, les chèques non honorés qu’il a envoyés. Un système censé détecter les premiers signes de détresse financière.

Les émetteurs de cartes de crédit ne sont évidemment pas seuls responsables de la hausse des faillites personnelles. « C’est une responsabilité partagée avec le grand public, estime Helen Faxon, du CCCS. La société de consommation pousse les gens à acheter toujours plus. C’est un phénomène culturel, inspiré des Etats-Unis. »

Enfin, il faut préciser que la montagne de dettes des Britanniques ne signifie pas une prochaine implosion économique. « L’impact économique sur l’ensemble du pays est faible, temporise Michael Gerrard. En revanche, pour les individus concernés, l’impact social est très important. »

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