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article de Georges Quioc paru dans Le Figaro le 12 avril 2006

Les faillites personnelles en plein boom aux Etats-Unis

mercredi 12 avril 2006 par Georges Quioc
Elles ont presque doublé fin 2005. Une réforme du surendettement adoptée il y a un an n’explique pas tout.

PLUS DE DEUX MILLIONS d’Américains se sont déclarés en faillite personnelle l’année dernière, soit 30% de plus que l’année précédente, selon les statistiques judiciaires américaines. Sur le seul dernier trimestre 2005, leur nombre a bondi de 80%.

Les Américains surendettés ne sont ni des flambeurs ni des drogués du crédit. Ce sont plutôt des accidentés de la vie : les deux tiers avaient perdu leur emploi et la moitié souffrait de problèmes de santé.

Le bond du dernier trimestre 2005 s’explique avant tout par une réforme du vieux Code des faillites après trente ans de bons et loyaux services. Le chapitre 7 de ce code permettait jusqu’à l’automne dernier aux personnes à revenus modestes, et sans patrimoine, d’effacer leurs dettes sans pénalité.

L’indulgence de cette solution explique son succès auprès des surendettés. La Maison-Blanche y a surtout vu des abus. Le président Bush a donc signé en avril 2005 une nouvelle loi (le Bankruptcy Abuse Prevention and Consumer Protection Act), qui réserve le chapitre 7 aux personnes les plus démunies. Cette nouvelle loi n’étant entrée en vigueur qu’en octobre 2005, une partie des ménages se sont dépêchés de « déposer leur bilan » pour profiter des conditions plus avantageuses du chapitre 7 de l’ancien code.

Cette réforme d’octobre n’explique pas tout. En dépit de la robuste croissance de l’économie américaine et de son quasi-plein emploi, la hausse des faillites personnelles semble inscrite dans une tendance de long terme. Leur nombre a doublé en dix ans, soit une hausse annuelle moyenne d’environ 7%.

Précarité en hausse

Cette tendance coïncide avec la fin de la régression de la précarité aux États-Unis. Alors que le taux officiel de pauvreté était redescendu à un plancher de 11,3% en 2000, il est remonté à 12,7% en 2004. Et les ménages les moins aisés se sont davantage endettés. D’une part les établissements de crédit ont accordé plus généreusement des prêts aux ménages à faibles revenus.

Et comme les taux d’intérêts étaient au plus bas ils ont proposé des formules à taux variable qui commencent à peser aujourd’hui plus lourdement. Au deuxième trimestre 2005, les ménages américains ont ainsi consacré en moyenne près de 18% de leur revenu disponible au remboursement de leurs dettes. Alors qu’en Europe ce chiffre n’était que de 12%.

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