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Sébastien Crépel | L’Humanité du 24.10.2007

Les fonds d’investissement sur la sellette

mercredi 24 octobre 2007 par Sébastien Crépel
Emploi . Le collectif LBO piloté par Alain Bocquet (PCF) relance sa demande d’enquête parlementaire sur ces capitaux destructeurs pour les entreprises.

Le collectif LBO (pour « leverage buy out ») a de la suite dans les idées. Présidé par Philippe Matzkowski, syndicaliste, le collectif, composé d’Alain Bocquet, porte-parole des députés communistes et républicains, de Denis Durand, secrétaire général de la CGT de la Banque de France, et d’Alain Gély, statisticien, a relancé, hier, sa demande de création d’une commission d’enquête parlementaire sur les fonds d’acquisition d’entreprises par « effet de levier », appelés LBO. La proposition communiste d’enquêter sur ces fonds avait été retenue par la commission des Finances de l’Assemblée nationale, avant les élections législatives. Alain Bocquet et ses associés remettent le dossier sur la table, en sollicitant le nouveau président socialiste de la commission, Didier Migaud.

Couramment utilisées comme moyen de recours à l’endettement pour financer des rachats d’entreprises, les prises de participations de LBO se traduisent par des dégâts sur l’emploi et l’activité, fondant sur les entreprises en difficulté pour les dépecer, avant de les abandonner exsangues. Cegelec, TDF, Picard, STMicroelectronics, le Printemps ont été récemment ciblés par les LBO avec à la clé suppressions d’emplois et précarisations pour dégager une rentabilité supérieure au capital investi. Pour Philippe Matzkowski, « le LBO est l’illustration criante des dérives de l’économie ». Depuis décembre 2006, date de la première proposition communiste d’enquête parlementaire, « les dangers et pressions que subit l’économie réelle ont trouvé confirmation aussi bien dans la crise estivale des subprimes (crédits immobiliers hypothécaires américains - NDLR) qu’au travers de l’affaire EADS où pèse le soupçon d’un colossal délit d’initiés », rappelle Alain Bocquet.

Le collectif LBO conteste la seule étude française disponible à ce jour, réalisée par le cabinet Constantin, et qui conclut à un impact positif du LBO sur l’économie et les entreprises. « Considérés globalement, les LBO semblent bien détruire des emplois », souligne Alain Gély, citant une étude britannique qui fait état de destructions d’emplois de 18 % en six ans dans les entreprises impactées par le LBO. En France, on estime à 1 600 le nombre d’entreprises et 800 000 celui des emplois concernés par le LBO.

Pour Alain Bocquet, ce problème pose d’importantes questions à la représentation nationale « sur l’ampleur du phénomène », « sur l’origine des opérateurs et des fonds », « sur les conséquences de ces opérations pour les entreprises et bassins d’emploi concernés, mais aussi pour l’emploi, les salaires, les conditions de travail des personnels » (sans oublier « les collectivités territoriales, trop souvent mises à contribution pour régler la casse »), et enfin « sur les solutions alternatives susceptibles de se substituer à ces techniques prédatrices ». Les députés communistes avancent de longue date la constitution d’un pôle financier public autour de la Poste, de la Caisse des dépôts, des Caisses d’épargne et d’Oséo, organisme public de soutien au financement des PME, comme solution alternative au LBO.

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