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Hervé Kempf | Le Monde du 18.02.08.

Les fonds manquent dans l’UE pour lancer les projets de capture du gaz carbonique

mardi 18 mars 2008 par Hervé Kempf

Veolia a annoncé, vendredi 14 mars, qu’elle allait préparer un dispositif de capture et de stockage du CO2 (CSC) sur son site de Claye-Souilly (Seine-et-Marne). L’installation permettrait, à partir de 2012, d’injecter 200 000 tonnes de gaz carbonique dans l’aquifère salin situé à 1 500 m de profondeur. Ce projet est le second en France après celui lancé par Total à Lacq (Pyrénées-Atlantiques), qui vise à stocker 75 000 tonnes de CO2 par an, à partir de 2009, dans un ancien gisement de gaz. Ces démarches témoignent de l’intérêt de l’industrie énergétique pour le CSC : il s’agit de capter le dioxyde de carbone émis par les centrales électriques fonctionnant avec des combustibles fossiles (charbon, gaz ou pétrole) et de l’injecter en sous-sol. Cette technique permettrait d’éviter que le CO2 ne se retrouve dans l’atmosphère et accroisse l’effet de serre.

Un atelier technique, tenu à Trondheim, jeudi, à l’initiative des gouvernements britannique et norvégien, a confirmé la confiance croissante qu’ont les ingénieurs pour cette technique. La société d’électricité suédoise Vattenfall a notamment présenté le projet d’un cycle complet, avec la construction prévue à Aalborg (Danemark), d’une centrale au charbon de 470 mégawatts avec injection du gaz carbonique récupéré dans le sous-sol. La centrale serait opérationnelle en 2013.

PRÈS DE 6 MILLIARDS D’EUROS

Mais ces différents projets restent bien en deçà de l’objectif que s’est fixé l’Union européenne (UE), lors du Conseil européen de mars 2007 : construire d’ici à 2015 douze démonstrateurs de CSC. Selon la Commission, le CSC, appliqué à grande échelle, pourrait réduire de 20 % les émissions de gaz carbonique des pays de l’UE. Mais chaque installation requiert de 300 à 500 millions d’euros d’investissements supplémentaires par rapport à une centrale normale. Soit près de 6 milliards d’euros pour les douze prévues.

Cette somme n’a pas été engagée, ce qui suscite l’inquiétude du gouvernement britannique. Présent à Trondheim, son représentant spécial pour le changement climatique, John Ashton, a indiqué au Monde qu’"il est urgent de trouver un financement pour ces démonstrateurs". La communauté internationale, argumente-t-il, a bien su trouver plus de 10 milliards d’euros pour un autre projet, celui du réacteur ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) de fusion nucléaire. "On nous dit que dans les cinquante ans la fusion nucléaire sera une possibilité commerciale, observe John Ashton. Mais la période clé pour le changement climatique n’est pas dans cinquante ans. C’est dans les dix à quinze ans que les émissions doivent atteindre leur sommet. La fusion n’est pas une possibilité dans ce cadre temporel, alors que le CSC l’est au contraire énormément."

Interrogé sur le point de savoir ce qui, dans l’intérêt de l’humanité, était le plus important à court terme entre la fusion nucléaire et le CSC, M. Ashton répond : "La capture et le stockage du carbone, absolument sans aucun doute." Le représentant britannique espère que la présidence française de l’Union, au deuxième semestre de 2008, permettra de faire avancer le dossier.

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