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article de FERYEL GADHOUM. paru dans le Figaro le 22 aout 2006

Les futurs sacrifices de Suez et Gaz de France

mardi 22 août 2006 par Feryel Gadhoum
Les deux groupes ont dix jours pour préparer leur défense face à Bruxelles.

SOULAGÉS, quand même. Les présidents de Suez et Gaz de France soufflent depuis qu’ils ont reçu la « communication des griefs » de la Commission européenne. Comme ils s’y attendaient, Bruxelles trouve à redire à la fusion des deux entreprises. Elle tique sur quatre points : les marchés du gaz et de l’électricité en Belgique, le marché du gaz et les réseaux de chaleur en France. Pour l’instant, Bruxelles se contente de pointer des situations préjudiciables à la concurrence. Suez et GDF, qui devraient rendre publics les griefs de la Commission, ont dix jours pour faire valoir leurs arguments. Mais ils savent que leur défense ne sera pas facile.

En effet, en Belgique, à eux deux, ils contrôlent 95 % du marché de gros du gaz et 94 % de la fourniture. Suez seul en contrôle déjà respectivement 85 % et 87 %. Dans l’électricité, les chiffres sont aussi parlants. Avec Gaz de France qui détient une participation dans SPE, Electrabel, la filiale de Suez, produit plus de 80 % de l’électricité en Belgique et contrôle 88 % de la fourniture. Seul, Electrabel, contrôle respectivement 70 % et 79 % de ces marchés. Du coup, la liste des concessions visant à améliorer les conditions de concurrence sera assez longue. Outre la cession des 25,5 % de SPE, le nouveau numéro un de l’énergie, devrait vendre quelques tranches de production nucléaire, puisqu’il est le seul opérateur à en disposer en Belgique.

Ils contrôlent plus de 95 % du marché français du gaz Il pourrait également devoir mettre à disposition de concurrents des capacités de production non utilisées ou leur vendre des mégawatts sur Belpex, la Bourse belge de l’énergie. En ce qui concerne le gaz, soit Suez-GDF acceptera de vendre une partie du capital de Distrigaz, le distributeur national, soit il cédera des capacités de transport. Idem, pour certaines de ses installations de stockage du terminal gazier de Zeebrugge, actuellement géré par Suez.

En France aussi, les deux groupes auront à faire des sacrifices. En effet, Suez et GDF contrôlent ensemble plus de 95 % du marché du gaz. Du coup, ils devront là aussi faciliter l’accès de l’Hexagone à leurs concurrents en mettant à disposition une partie des infrastructures existantes : gazoducs, terminaux de stockage de Fos-Cavaou ou Monthoire. Enfin, toujours en France, comme le craignaient les syndicats, la Commission a mis le doigt sur l’hégémonie des deux entreprises dans les réseaux de chauffages urbains. Les filiales de Suez et GDF, Elyo et Cofatech, contrôlent 49 % de ce marché contre 31 % pour le deuxième opérateur Dalkia, filiale de Veolia et EDF.

En attendant, le Parti socialiste ne désarme pas. Il a demandé hier au gouvernement de « retirer » le projet de fusion du débat parlementaire prévu le 7 septembre. Patrick Devedjian, UMP, avait menacé dimanche d’un passage en force, sans débat et sans vote, du texte via le 49-3. Hier, à la Bourse, Suez et Gaz de France ont perdu moins de 1 %, dans le sillage du CAC 40. Les marchés semblent avoir intégré les futures exigences de Bruxelles.

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