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Un article de F. M paru dans Le Figaro le 20 décembre 2005

Les géants de l’énergie misent sur le gaz liquide

mardi 20 décembre 2005 par Frédéric de Monicault
INDUSTRIE Total va investir plus d’un milliard de dollars dans le gaz naturel liquéfié. Cette source d’énergie devient incontournable à l’heure où le prix du pétrole est durablement élevé.

2005, année du gaz naturel liquéfié ! A l’heure des bilans sur la planète énergie, le fameux GNL occupe incontestablement une place de choix. Il ne se passe pas un mois sans qu’un groupe énergétique ou un pays producteur n’annonce un investissement concernant cette ressource énergétique.

Dernière annonce en date, avant-hier, le contrat passé entre Total et l’émirat du Qatar concernant la construction d’une usine de GNL d’un montant de 1,8 milliard de dollars. Un mois plus tôt, le Qatar, qui entend devenir le premier exportateur mondial de GNL, a conclu un contrat de 14 milliards de dollars avec Exxon Mobil pour construire la première raffinerie de GNL au monde.

En novembre, Gaz de France inaugurait l’usine de liquéfaction de gaz d’Idku, près d’Alexandrie, dans laquelle l’entreprise française détient une participation de 5%, aux côtés de British Gas (BG). Signé en 2002, un contrat de long terme prévoit la livraison de 4,8 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an. Il fait de l’Egypte un fournisseur majeur de GDF, à hauteur de 10% de ses approvisionnements à l’horizon 2006-2007. Cet appétit de tous les grands énergéticiens mondiaux pour le GNL s’explique assez facilement : la liquéfaction permet de réduire le gaz dans des proportions énormes (près de 600 fois), ce qui favorise considérablement son transport. Cette technologie devient très compétitive dès lors que la distance parcourue est supérieure à une fourchette de 2 000 à 3 000 miles nautiques, c’est-à-dire plus de 4 000 kilomètres.

La production va quadrupler

Pour les régions du monde, à commencer par les Etats-Unis, difficilement accessibles par oléoducs, le GNL représente une solution d’approvisionnement en gaz d’avenir. D’ailleurs, les perspectives sont déjà tracées. Le marché du GNL doit quadrupler à l’horizon de 2020 pour représenter un peu moins de 15% de la demande en gaz. En attendant, les investissements s’annoncent énormes car le processus industriel relatif au GNL est très capitalistique. Outre des usines de liquéfaction (qui traitent le gaz naturel), il faut prévoir des méthaniers (pour le transport) et enfin des terminaux de regazéification.

Pour chacune de ces étapes, les infrastructures actuelles se révèlent notoirement insuffisantes. A titre indicatif, alors que la flotte mondiale de méthaniers comporte moins de 180 navires, seulement 47 terminaux sont aujourd’hui en activité, dont 25 au Japon, premier importateur au monde, qui achète aujourd’hui 43,1% de la production mondiale de GNL. De son côté, la France est le cinquième importateur mondial, derrière le Japon, la Corée du Sud, l’Espagne et les Etats-Unis.

Le développement du GNL passe donc par la construction de nouveaux sites de liquéfaction et de regazéification. Les projets déjà amorcés devraient permettre aux transactions de GNL de porter sur 200 milliards de mètres cubes de gaz naturel en 2010, contre environ 160 aujourd’hui. Parallèlement, plus d’une trentaine de pays accéderont à ce marché, contre 25 aujourd’hui.

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