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Article de Grégoire BISEAU, Publié dans Libération le 22 novembre 2006

Les gros actionnaires de Suez haussent le ton

mercredi 22 novembre 2006 par Grégoire BISEAU

Si le gouvernement pensait avoir fait le plus dur, il se trompait dans les grandes largeurs. Après avoir remobilisé l’opposition et déchiré en deux l’UMP, le projet de fusion entre Suez et GDF doit maintenant convaincre les actionnaires privés. Et c’est loin d’être gagné. Hier, les gros actionnaires de Suez ont choisi (hasard de calendrier ou simple coïncidence ?) de faire entendre leur voix publiquement pour faire monter les enchères, menaçant carrément de faire capoter le mariage si l’Etat (actionnaire de GDF à 80 %) ne voulait pas entendre leurs revendications.

Principal actionnaire de Suez, le financier belge Albert Frère, qui détient 8 % du groupe privé, a ainsi assuré, hier dans les Echos, que « les actionnaires ne voteront pas la fusion » si le dividende exceptionnel n’est pas « sérieusement relevé ». En dessous de 4 euros de dividende exceptionnel, « la fusion risque de ne pas être votée », a mis en garde la présidente de l’Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam), Colette Neuville. Enfin, le financier de nationalité italienne Eric Knight, qui revendique un peu moins de 1 % du capital de Suez, s’est, lui, payé une nouvelle page d’argumentaire dans le Figaro pour expliquer que le dividende doit monter à... 6,5 ou 7 euros. Sinon, beaucoup d’actionnaires risqueraient alors de voter contre la fusion. Déjà, en septembre, Eric Knight était sorti du bois pour déclarer qu’il avait derrière lui une vingtaine de fonds, actionnaires de Suez.

Lors de l’annonce du projet, en février, les deux groupes et l’Etat s’étaient pourtant mis d’accord pour qu’une action Suez donne droit à une action Gaz de France, après versement d’un dividende exceptionnel de 1 euro au profit des actionnaires de Suez. Mais, depuis, le cours de Suez a pris une avance presque constante de 3 euros sur celui de GDF. Et les cessions d’actifs gaziers de Suez en Belgique, imposées par Bruxelles pour cause de position dominante, ont fait craindre aux actionnaires de moindres synergies avec GDF. D’où les revendications des actionnaires. « C’était écrit d’avance, cela fait des mois que l’on explique qu’Albert Frère ne voudra jamais se contenter de la parité. Mais le gouvernement n’a jamais voulu nous écouter », se lamente un syndicaliste de GDF. Lundi, comme s’il avait anticipé la polémique, Thierry Breton avait, lui aussi, menacé de dire non à la fusion si les actionnaires de Suez étaient « trop gourmands ».

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